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VOYAGE PITTORESQUE
dant, il faut que je l’avoue, quand je me trouvaiau fond de ce lugubre entonnoir, ne voyant leciel qu’au travers d’un soupirail circulaire ,bloqué de tous côtés par des parois de basaltenoire et dentelée, j’éprouvai un sentiment in-définissable, un saisissement profond, un effroireligieux en présence de cette nature convul-sive. J’aurais voulu me trouver hors de là.
La meilleure comparaison que l’on puissefaire de l’aspect intérieur du cratère, c’est celled’un lac après un dégel subit, quand les massesde glaçons se heurtent, s’empilent, se chevau-chent , se groupent d’une manière bizarre etdésordonnée. Seulement, et cela ne se produitpoint dans un effet de débâcle, çà et là, parmille fissures ouvertes, s’exhalaient des vapeursembrasées et sulfureuses.
Nous avions fait quarante pas au plus sur leplancher inférieur de l’abîme, quand s’ouvritdevant nous une fente de trente pieds de large.Posant l’approcher dans la crainte d’un ébou-lement, nous la tournâmes par l’une de ses ex-trémités , au milieu de tourbillons d’une vapeurinfecte et délétère. Un nouveau chemin plus so-lide, mais d’une lave brûlante à ne pouvoir y tenirla main, nous conduisit auprès d’un des cra-tères coniques en activité. Haut de cent cin-quante pieds , ce cône formait une masse irré-gulière de lave, criblée de trous, gercée çà etlà par de profondes crevasses , ou percée debouches ignivomes d’où s’échappaient avec unépouvantable bruit des cendres , des flammes,des pierres et de la lave. Cette dernière ruisse-lait en coulées rapides, et venait se concréfierau pied du cône. Je voulus couronner ma journéepar une dernière hardiesse , et gravir cet escar-pement que secouait un foyer souterrain; maiscette fois Makoa s’y opposa. En effet, le solétait brûlant à ne pas pouvoir le supporter, etle brave homme avait les pieds nus ainsi quemes guides. Moi j’aurais pu marcher encore avecma chaussure, quoiqu’elle fût à moitié détruite;mais c’eût été de l’égoïsme et de la dureté. Nousrevînmes sur nos pas.
Nos tentes avaient été dressées pour la nuitsur la terrasse qui dominait le cratère , et lesombres qui commençaient à s’épaissir relevaientencore la magnificence du spectacle. La fissureprofonde sur les bords de laquelle nous avionscouru, était alors enveloppée d’une brume denseet blanchâtre. Les feux des bouches ignivomesque l’éclat du jour avait empêché de discerner, serévélaient peu à peu, un à un, comme le soir, à lanuit tombante, les lumières d’une grande ville.Près de nous de petits cratères continuaient
leurs jets lumineux de laves et de cendres, tan<h sque les sommets des plus gros volcans réalisaitdans le lointain les plus magiques combinaison 8de pyrotechnie. Ces rivières de feu coulant su 1les revers des côtms , les unes paisibles et unie 8 ’les autres bondissant en cascades; celte acti'' lteincessante des grands fourneaux souterrain 8sous un ciel étoilé , dans une nuit pure, a ulieu d’une nature muette et morte; que de poé 8 * edans une pareille scène, que de sujets de sci eJlCméditative !
Nous étions campés sur les bords de l’an 1 ^et si près qu’il y avait quelque péril à y P aS g(la nuit. L’espace pourtant ne manquait pa 8 ’ sen reculant nos tentes de quelques pieds, 1)0nous serions trouvés dans un lieu plus 8 ^Pendant que nous achevions un souper fr u » sj’interrogeaiMakoa sur cette préférence au n )0 j esingulière. « Ah! Monsieur, me dit-il, ton 1reste est tabou ; tout le reste appartient à * ^Elle nous punirait si nous y dormions. DivP’ C | esur la lisière du gouffre, voilà tout ce qu e ^ ecède aux pèlerins ; là ils sont en sûreté ; & ^violent pas ce qui est tabou. » C’était P° ur ^lcun chrétien qui parlait ainsi, un chrétien ^qui avait peur de Pele, la déesse des volcan 8 '^ j clieu de me coucher et de m’endormir) J f j.pressai de questions sur Pele et sur sesbuts, sur le culte qu’on lui rendait. Makoatoute qualité pour me répondre ; il aval 1 jtavant sa conversion, prêtre de Pele; il 8 , £flt rsa déesse d’une façon très-pertinente; j e ^ C j e s‘tai, en face du temple actif de cette grandtructrice, suspendu sur une aire qui l a j e S 1naît, à pic sur un gouffre, victime de ^ eje tombais. ^
Le volcan de Kirau-Ea est, suivant ^ eirels, le séjour favori de Pele et des autre 8des volcans. Les divers cratères sont l eU ^ j;C'lais dans lesquels ils s’amusent à jouer e p lnane , dansant pour se divertir au mug l8S j5 k 5des fournaises , et s’amusant à nager C 0j>'
laves bouillonnantes. Parfois même dans .^s
figurations de la flamme sinueuse, les H° »lc
veulent voir Pele et ses compagnons.
La tradition indigène dit queK.ir aU co» sl tdepuis la grande nuit ou le chaos. E e p a ,j5aussi les états successifs du volcan- j’îkj
premiers siècles, il débordait sur topuis, dans les âges postérieurs, il seau-dessous des plaines voisines en aug _toujours de surface et de profondeurment, de temps à autre, il lançai 1
roches enflammées, avec accompagn g e •
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clairs et de tonnerre ; mais ces u