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VOYAGE PITTORESQUE
Pouna-Rouou. Le jour même nous poussâmesjusqu’àHilea, après avoir traversé Koroa, connupour fournir les meilleurs galets à l’usage desfrondes , et par Ninole, petit hameau, dont lespierres douées, suivant les naturels, de la fa-culté de se reproduire, pouvaient au besoinêtre transformées en divinités.
Un peu avant d’arriver à Hilea, mon guide,l’érudit Makoa, me fit remarquer un petit morne,auquel se rattachait un épisode de l’histoire con-temporaine d’Hawaii . C’était là que Ke-Oua, celuique nous avons déjà cité, celui que Pele n’avaitpas dédaigné de combattre , Ke-Oua, le dernieret le plus courageux rival de Tamea-Mea, selivra au vainqueur, après deux combats suc-cessifs. Voici ce què Makoa me raconta de ceguerrier.
Ke-Oua était le frère cadet de Kau-ike-ouli,fils aîné et successeur de Taraï-Opou. Après labataille de Keai où son frère fut tué, il avait fuivers le district de Hiro qui se déclara pour lui.Pouna et une partie de Kaou en firent autant,parce que Ke-Oua était le descendant direct deTaraï-Opou. Plusieurs années s’écoulèrent ainsi:Ke-Oua régnait dans ses domaines ; et Tamea-Mea ne semblait pas jaloux de l’inquiéter, quandson rival pritl’olfensive. Quelques petites excur-sions ne lui suffisant plus, en 1789 il marchaà la tête de toutes ses forces vers les possessionsdu grand chef d’Hawaii . Sur sa route, il campadans la région volcanique, et Pele, commeon l’a vu, déborda sur son camp. Il ne tint pascompte du présage; il marcha vers Taï-Ritii, lapointe la plus méridionale de l’île. Mais là segroupait une troupe d’élite sous les ordres deTaï-Ana; et la première rencontre fut fatale pourl’agresseur. Battu, poursuivi, défait une secondefois à Pouako-Koki, il fut obligé de se sauverpresque seul et de se cacher.
Long-temps il traîna dans la région déserteune vie nomade et misérable. Enfin, réduit à unpetit nombre de partisans, n’ayant plus autourde lui que son frère et quelques amis, il envoyaun messager à Taï-Ana , en lui offrant de se re-mettre, lui et les siens, entre les mains de Tamea-Mea qui résidait alors à To-waï-haï. On le lui ac-corda ; il traversa, avec son escorte, les troupesqu’il avait combattues, ne rencontra dans toutesles baltes sur la côte que vœux en sa faveur, queprésens en vivres, encochons, en étoffes; queprotestations de dévouement, que désirs de levoir pardonné. Ou espérait beaucoup de la clé-mence de Tamea-Mea; et cette clémence n’eûtpas failli au vaincu , sans l’atroce acharnementd’un chef de sa cour. Au moment où Ke-Oua
dit
parut dans une pirogue, Tamea-Mea descen^lui-même sur la grève, entouré de ses p rl ^paux officiers, tous inspirés comme le i’°i ^pensées de grâce , et résolus à protéger le 11 ^heureux prisonnier contre la rage de ^ques furieux. Mais un plan affreux avait 01dans la tête d’un de ces hommes, l’antag 0111 •
du frere aîné de Ke-Oua au combat de
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Voyant Tamea-Mea sur la plage, prêt à te 0
la main à son ennemi et à le mettre sou 5
sauve-garde, ce guerrier, nommé Keeau-M°^°.
n’hésita point. 11 se dirigea vers la mer, y e ^
y marcha avec de l’eau jusqu’aux aisselles,
la pirogue qui s’avançait, se glissa vers l’® rl jfdoù Ke-Oua était assis, et lui plongea son polo ^dans lagorge. Sept compagnons du malhe® 1 (
prince tombèrent ensuite sous les coups
d ® 1
impitoyable bourreau. Il se justifia en
di*
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que, tant que ces rebelles auraient vécu, l e l
n’eût pas été tranquille.
Ce récit nous conduisit jusqu’à Hilea, „jiqui était la propriété de mon ami et coffip^jiiede route , le gouverneur Koua-Kini. La ^encore il y était, nous attendant depui* jj-jours, et ayant laissé l’ordre de nousf a *^ jriger sur Honou-Apou, situé dans le S-peu de milles plus bas. La route d’Hilea à ** ^5Apou n’est remarquable que par les dés° r ^de la lave qui l’encombre : dans certai”^ s i
droits , elle a formé des agglomérat! 011 , ft
singulières et si abruptes que, pour aid er
gravir, les naturels ont été obligés de
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la distance de trois pieds les unes des a qii
des pierres plates qui servent d’échel 0 ’ 1 ^^enjambe ainsi des escarpemens de di*de hauteur. 0
Honou-Apou est un joli village, popul eU3t c ’j,ef >
tile, aisé. Koua - Kini m’attendait chez 1® JS 5
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dont l’habitation s’élevait sur la poin te
avancée d’une chaussée de lave, sur M ^ef 1
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bourg est bâti. Fatigué de ma course - ^ g ile domaine des volcans, je voulus ne ^! ta jit I e5utiliser une halte nécessaire, en c°mp l f- ct Je
détails qui me manquaient sur le diPouna. La carte à la main, j’interrog e ^ ota j PKini, et voici ce que je recueillis etmilieu d’explications verbeuses et d»
CHAPITRE XLIX-
Le district de Pouna confine àcel ul
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près du village important et arrosénoi» ^ ^qui relève encore du dernier distiict- fe d a ’milles au S. S. E. de Waï-Akea, on
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