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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

l’autre d’un bonnet cylindrique. Des piècesd’étoffes leur enveloppaient les reins et le basdu corps. Près d’elles était un bloc de boissculpté et entouré d’étoffes, et sur le sol un tasde fougères qui paraissaient y avoir été jetéesà diverses époques. Dans le milieu du sol,un espace quadrangulaire, entouré de cail-loux, indiquait l’asile funéraire de sept chefs(Pl. LY — 3). Près de là deux autres carrésmoins grands désignaient l’endroit où gisaientun homme et un cochon sacrifiés aux dieux. Cessacrifices humains, accomplis à la mort deschefs , paraissaient être une chose fréquente etétablie de temps immémorial. Cook crut aussi,d’après quelques renseignemens moins positifs,que les naturels mangeaient dans de grandsfestins quelques victimes humaines ; mais lesmissionnaires ont depuis réfuté cette opiniond’une manière assez péremptoire.

Cookneresta que trois ou quatrejours à Tauai;il visita Niihau , et y fit encore une halte de troisjours ; puis, malgré son désir curieux d’ex-plorer le reste du groupe, il appareilla pour sadestination, la côte N. 0. de l’Amérique , etreconnut seulement de loin et à la voile l’ileOahou , qu’il comprit avec Tauai, Niihau et l’é-cueil Tahoura, sous la dénomination communed’îles Sandwich.

Mais l’année suivante, à la même époque et àson départ des côtes américaines , le grand na-vigateur voulut compléter cette utile reconnais-sance. Le 17 janvier 1779, il parut de nouveaudevant le groupe découvert et mouilla dans labaie de Ke-ara-kekoua, sur la côte occidentalede Hawaii .

La présence de ces beaux vaisseaux euro-péens produisit sur cette plage un effet indes-criptible. Kaou, le chef du collège des prêtres,et son fils One-Ea, prêtre du dieu Rono , ayantsolennellement déclaré que c’était Rono qui te-nait sa promesse et reparaissait à Hawaii , ainsiqu’il l’avait dit, dès-lors Cook fut Rono, futdieu pour tout le monde : quand il traversaitcette foule d’indigènes, on l’appelait le grandRono, Rono le puissant ; on se prosternait sursa route, on faisait dans les temples des sacri-fices en son honneur. Pour lui et pour ses équi-pages , il obtint ce qu’il voulut. Parfois il fallaiten revanche que le célèbre marin se prêtât àdes cérémonies bizarres dont il ne comprenaitpas la signification. Cook voyait bien, à l’ac-cueil que ces gens-là lui faisaient, qu’ils ne letraitaient pas tout-à-fait comme un homme dela même nature , du même rang que les autres;mais de là à deviner la légende fabuleuse de

Rono, il y avait loin encore. 11 se laissa P° UItant déifier de fort bonne grâce ; il fit ^comme si vraiment Rono était de retour ’^subit les ovations religieuses par lesquelle®célébra sa mémorable venue. ...

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Dans une de ces cérémonies, on le cont

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au Hare no o Rono (maison de Rono), et o»

asseoir sous l’idole, espèce de polichinelle a

gantesque , coiffé d’un bonnet pointu et r eC j

vert d’une grande draperie blanche, a ^

effrayant, aussi hideux que \e Marna-Cofflb 0

nègres de la Gambie . Quand il fut placé sous

effigie sainte, on lui enveloppa le bras d a

étoffe rouge, et l’on confia à l’officier King l eS ,

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de soutenir ce bras en l’air (Pl. LY —.4). Aun jeune chef nommé Kaïri-Kia s’avanç a (milieu de douze prêtres complètement 111,8 ^n’ayant que le maro ; il prit des mains d’u’ 1 eses collègues un petit cochon, articulalongue et solennelle prière; puis étrangla 1® cmal, qui fut préparé et cuit. Sous celte f° 1 ’,nouvelle, on le présenta à Cook avec un i' aa ^blement de prières , accompagnées de u° lN ^coco et de coupes pleines de kava , lafermentée de la Polynésie . Il fallait fairede ce porc à Rono, et par un dernier te|1

gnage de respect, un des prêtres porta umains les vivres jusqu’à sa bouche. Cook ^grimace, car naguère on l’avait forcé à a ' $du cochon pourri ; il repoussa l’offrande . j tdouceur, mais obstinément. Alors résol a ^vaincre par toutes sortes 'de bons procédé’ e tprêtre Koala mâcha lui-même les morce aU 'les lui offrit ensuite. Cook ne résista pl uS ' ^1$La bienveillance des prêtres et desne se bornait pas à ces honneurs d’apP^t'Chaque fois que des hommes de l’équip 3 » 6 ,•£>'taient le pied à terre, ils les comblaient d evisions de toute sorte ; et si les chaloupé 5 pi-daient à paraître, ils envoyaient à bord a ^oirogues chargées de cochons , de noix d e ^jisde fruits et de légumes. Ces présens étai eI) je'dans des vues toutes désintéressées, b®mandaient rien, ils n’attendaient rien en

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5 *’

Heureux quand Rono daignait accepte 1- • fLe 24 janvier un tabou solennel étab > ( o-

rade de Ke-ara-kekoua annonça l’arri' ee $chaine de l’arii-rahi Taraï-Opou, q ul , pr c 'd’une incursion guerrière dans l’île vo ' Sl ^ a fi o1 ^venu de l’arrivée de l’étranger, il a d a A -^e^ 1se promener incognito autour de ses b® 1puis il annonça qu’il ferait à Rono n n ® <jii asolennelle, et qu’il lui offrirait les cade»l’on offre aux dieux. - eT af ‘ 11

En effet, le jour fixé pour la cérémo» 1