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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

père ; mais ses allures de despotisme et decruauté eurent bientôt soulevé contre lui la ma-jeure partie de la population. Suivant le récit dela Blonde, ce tyranneau avait interdit à ses su-jets des classes inférieures de jeter un regard surlui depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher.Si un individu oubliait cette consigne et la vio-lait, soit par mégarde, soit volontairement, àl’instant même il était mis à mort. On ne sauraitgarantir l’exactitude de cetle version; mais ce quiest positif, c’est que l’ambitieux et hardi Tamea-Mea trouva bientôt une foule de prétextes pourdisputer à son cousin le trône héréditaire. Quel-ques escarmouches sans résultat, quelques ren-contres partielles, aboutirent à la grande bataillede Moko-Houa, livrée près du village de Keei, ba-taille où périt Kau-ike-ouli, et qui livra au vain-queur le sceptre de l’archipel. La fille de Kau-ike-ouli, la jeune Kea-pouo-lani, étant tombéeentre les mains de Tamea-Mea, à la suite decette victoire, le nouveau monarque l’épousa,afin de cumuler sur sa tête les doubles droits dela naissance et de la conquête. Ce fut en vainque l’un des plus jeunes frères du vaincu,Ke-Oua, essaya de se maintenir indépendant surquelques districts du rivage oriental. On a vucomment il échoua, ce que fit Pele contre lui, sesdeux défaites, sa fuite, sa reddition et le meur-tre qui la couronna sur la plage de To-waïhaï.

Ce fut dans l’intervalle où sévissait la guerrecivile de Hawaii , que Lapérouse mouilla à Tauai,en 1786. Bien accueilli par les liabilans, il neresta à l’ancre devant l’île que vingt-quatreheures , et n’ajouta aucun détail aux renseigue-mens connus. Les capitaines Portlock et Dixon,qui visitèrent aussi l’archipel en 1786 et 1787 ,n’eurent qu’à se louer des naturels, avec les-quels ils établirent des échanges réguliers devivres contredes objets manufacturés.Laloyauléet la bienveillance présidèrent à ces mutuelsrapports. A cette époque, Tahi-Teri était devenuchef de Oahou.

C’est vers ce temps aussi que Meares parcourutles îles Hawaii , où il prit à bord et conduisit àMacao , Taï-Ana, le plus célèbre des générauxde Tamea-Mea. Taï-Ana était un fort bel homme,haut de cinq pieds dix pouces, bien fait, quoi-qu’un peu corpulent, d’une figure agréable, ex-pressive et intelligente. Ses manières, au milieud’Européens civilisés, n’avaient rien d’étrangeni de sauvage. En peu de jours il fut au cou-rant des habitudes anglaises, sans perdre riende la bonté native et douce qui le caractérisait.Un jour qu’il assistait à un dîner que Mearesdonnait à d’autres capitaines, il vit des malheu-

reux rôdant autour du navire dans de mauvais®*barques et implorant la pitié des Anglais -spectacle l’émut, et se tournant vers les tabchargées: «Vous avez plus qu’il ne vous t aici, dit-il; donnez à ces malheureux qui nreur®de faim ; c’est cruel de laisser ainsi souffrir ^hommes. A Hawaii , personne n’a faim, person ^ne mendie; les îles suffisent pour nourrir t0 ^ (le monde. » Cette humanité bienveillant®^point prétentieuse , cette douceur, cette r alS ^ seurent quelque succès parmi les Anglais etPortugais , qui ne s’attendaient pas à rencon 1 .ces vertus chez un sauvage. Taï-Ana lais saMacao des regrets touchans et de vives anu [

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L’archipel était connu dès-lors. Dix ans ^taient écoulés à peine depuis la catastroph e ^ (Cook, que Hawaii était un point de rela c ^ sune échelle fréquentée des navigateurs an» 1 ‘ .ou américains. On allait s’y ravitailler a , ebon compte ; quelques fusils et de la P° U ]l5 ,suffisaientpour obtenir de fort belles provis* 0 ^Plus les naturels avaient d’armes à feu, p^ 5 ,jdésiraient d’en avoir; car leur possession ét ajt ^ jprivilège de force et de puissance pourqui elle était échue. Ne pouvant s’en proC® 1parfois ils allaient jusqu’à en voler, et 1 . ^résultait quelques vengeances sanglantes A 0entre plusieurs, l’une de ces catastrophes-

Un Américain nommé Metcalf avait a ^,pour le commerce des fourrures deux P ell ) t t//(Tvires; l’un qu’il commandait, le bricknore, de dix canons, avec un équipage d®compatriotes et de quarante Chinois , dit 1 » &le maître John Young; l’autre, la goël^, |eBelle Américaine, que montait son fils amaître d’équipage Isaac Davis et cinqseulement. Partis de la Chine en 1789 >navires se séparèrent : l’Eléonore passa ||i>aux îles Hawaii, où la Belle Américaine 11 e ]fl dsa conserve qu’au mois de février. Al° rSl’autre allèrent mouiller devant Mavvi. b*. , gen rade quand le canot amarré sur l’ arrl ^ ebrick fut enlevé dans la nuit avec l’ho ,a t rç'le gardait. Au jour naissant, le vol s et & ^vélé au capitaine, Metcalf jura qu’il eI j, ^1)1*vengeance. 11 dissimula néanmoins : d 1 ût i P' 1encore quand, au bout de trois j oar ®’ c ai ,ot ’rapporta les os du marin et les débris^ , eftIl continua à demander des vivres, et a jofiscueillir les pirogues qui se présentât® ^ ta i®’’

des bâiitnens. Les naturels crurent q 1 *^ >5pardonnes , et ils revinrent en g® an , ^ \>° .Un matin pourtant, l’ordre fut ^ on ” nS à 1,1des deux navires de charger les can

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