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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

donné un dénouement, quand les deux arméesaccroupies à terre se furent prises à parlemen-ter , alors les chefs parurent ; ils étaient censésignorer ce qui avait précédé leur venue : toutcela était au-dessous d’eux et peu digne d’at-tention. Us s’avancaient gravement , à pasmesurés, sous l’escorte d’hommes armés de lan-ces pointues en bois dur, longues de 16 à 20pieds et nommées pololou. Leur troupe marchaitavec ordre, avec précision, exécutant de tempsà autre des évolutions compliquées, qui attes-taient une certaine tactique militaire. Rangéssur des lignes parallèles , régulières et résis-tantes, ils arrivèrent sur le lieu du combat, ets’assirent avec leurs armes en avant, ne laissantentre eux qu’un espace de 12 à 15 toises.

Après une courte pause, la conférence com-mença. La parole appartint d’abord à celui quireprésentait Ta-Eo ; il donna son avis sur la paixet sur la guerre. D’autres parlèrent à leur tour,et se déclarèrent, ceux-ci pour, ceux-là contreles hostilités. Ces débats s’accentuaient souventjusqu’à la colère et la violence. Aux propositionsde paix, les pointes des pololous s’inclinaientvers le sol ; aux menaces de guerre, ellesse relevaient à une hauteur uniforme. Danstout le cours de ces pourparlers, les deux campsse surveillaient avec une défiance inquiète ; oneût dit qu’ils craignaient un guet-apens, unmanque de foi, une explosion sans avertisse-ment préalable. Les chefs se toisaient les unsles autres avec une fierté et une vigilance signi-ficatives. Enfin les conférences n’ayant paspu amener la paix, il fut décidé qu’on en vien-drait sur-le-champ aux armes. En effet, dechaque côté les guerriers se levèrent, formè-rent leurs phalanges, et marchèrent à la ren-contre les uns des autres; mais, au lieu de seheurter immédiatement, les cohortes commencè-rent à évoluer, comme si elles eussent voulu se dis-puter quelques avantages de position, et préluderà la lutte brutale par quelques combinaisons stra-tégiques. Les ailes seules, dont le rôle ressem-blait assez à celui de nos tirailleurs, lançaientdéjà des volées de flèches et de pierres.

Enfin les phalanges des chefs en vinrent auxmains. Elles luttèrent corps à corps, et se dis-putèrent le terrain pouce à pouce. Là, plus en-core que parmi les combattans vulgaires, écla-taient des prodiges d’adresse et de force. Long-temps le combat demeura incertain et disputé;on voyait que le courage était égal de part etd’autre , et que le hasard ou la fortune donne-raient la victoire à celui qui garderait cette at-titude le plus long-temps. Enfin la gauche de

Tahi-Teri mollit, et les guerriers de Tai» eaMea saisirent cet instant ; ils se précipit® resur l’ennemi en poussant des cris horrifié 8Alors ce fut dans l’autre parti une débandagénérale ; plusieurs nobles chefs, en voU ^ ( ,tourner les talons, tombèrent sur la place •reste prit la fuite. Le triomphe le plus co&? ^resta à l’armée d’Hawaii : comme c’était ell® 4avait réglé le programme, on conçoit q ue (avait dû s’en faire les honneurs. Le boud 11final du jeu héroïque fut la mort de Tahi-Te*G (de Ta-Eo. Les deux acteurs à qui le rôle eéchu en subirent toutes les conséquences '•les traîna sur la grève , malgré leur résista^furieuse ; on les présenta au victorieux T» 11 ’Mea, qui ordonna qu’à l’instant même d 5 ^sent conduits au moraï pour y être sacrifie 5, ^fiction toutefois n’alla pas plus loin ; ause laisser égorger en l’honneur des dieuX >

vaincus allèrent se mettre à table avec les ^ ,

n

queurs , et

grillé, arrosé de kava

Pour répondre aux galanteries de Tamea 1

leur ration de f

1 "

et pour se mettre en frais, comme lui, de dj' ^tissemens, Vancouver fit tirer, le soir m e ^un beau feu d’artifice. A la vue de ces h 91 j,fusées qui allaient rejoindre les étoiles, I e1 ' 1 Li*vales, de ces chandelles romaines, de cescolorés, de ces tourbillons, de ces soleil’ces pétards, les naturels ne purent se d e ,dre d’abord d’un sentiment de terreur; ds 5 .,fuirent presque tous; puis ils revinrent, j e Jeà chaque expérience de pyrotechnie, des csurprise et d’admiration.

Vancouver était au mieux avecce prince l’écoutait, le consultait queld^irsur les améliorations utiles à son royaume- fi-lant utiliser cette confiance, et la rendretable à la contrée, Vancouver essaya d a jj e lun arrangement entre le souverain d’R*ceux de Tauai et d’Oahou; il engage* ;|e 5

Mea à se contenter de la souveraineté

Hawaii , Mawi, Ranaï, Moro-Kaïet Tabou gi iLe roi ne repoussa point cette pensée; jtflérêve d’ambition était déjà fait. L’archiptrop étroit pour avoir deux maîtres.

Enchanté de son séjour à Ke-ara- , dVancouver quitta cette rade le 1^ î^^tr* 11

i .là S& *”

mouillale 12 à Mawi, devant Lahaina .

vait Tahi-Teri, ce rival de Tamea-Mea, d 1 ^

vu combattre et vaincre dans le coi» \gt e '

Tahi-Teri étaitalors âgé de soixante ans»débile, impotent, usé avant l’ageimmodéré du kava. Sa physionomie ( j (l e eencore; son caractère vif et enjoué.