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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

Le règne de Rio-Rio, quoique insignifiantauprès de.celui de Tamea-Mea, eut pourtantquelques actes et quelques événemens dignesd’être cités. Le premier fut la soumission deTaumou-Arii, chef deTauai. Ce prince jugeant,à la mort du grand roi d’Hawaii , que l’heureétait venue de recouvrer l’indépendance, refusade reconnaître son successeur. Rio-Rio n’hésitapoint. Il s’embarqua dans une pirogue avecdeux ou trois de ses officiers les plus dévoués,brava le vent et la mer qui menaçaient de l’en-gloutir, aborda à Tauai, alla droit à Taumou-Arii, lui demanda des explications, le gagna àsa cause, obtint son hommage, et repartit àl’instant même;

Le second acte important de son règne futl’abolition définitive du tabou et de l’idolâtrie.Une espèce de congrès eut lieu à ce sujet, etles chefs y passèrent un mois entier dans delongues et vives conférences. Enfin il fut décidéque le vieux culte périrait ; mais une sanctionrestait à obtenir , celle de la mère du roi, Keo-pouo-lani, supérieure à Rio-Rio par sa naissance.Quand on lui en fit l’ouverture, elle résistad’abord. « Quel mal ont fait nos dieux ? » dit-elle. A quoi les porteurs de parole répondi-rent : « Us ne nous font point de mal ; mais ilsne nous font aucun bien ; pourquoi les conser-verions-nous? Leur culte n’est-il pas gênant?N’exige-t-il pas des sacrifices humains ? Et n’a-vons-nous pas appris des autres nations que lesdieux de la guerre ne sont pas capables de nousprotéger, et que les sacrifices sont cruels et inu-tiles ? — C’est bien, répliqua la reine, faites cequ’il vous plaira. » Le même jour les moraïset les heiaus cessèrent d’être sacrés. On ne con-serva que les lieux où les os des chefs étaientdéposés, et quelques vi'eux prêtres chargés deveiller sur ces dépouilles..

En même temps le tabou fut aboli ; le tabou,ce symbole d’inviolabilité si vieux et si impo-sant! Le tabou qui pesait sur les femmes dispa-rut le premier. Jadis il leur était défendu non-seulement de manger devant les hommes, maisencore de manger certains alimens. Les délin-quantes étaient punies de mort. Cette mesureatroce et ridicule fut supprimée. Pour annoncercette innovation au peuple, on choisit le jourd’une grande fête, où la foule se rassemblaitd’habitude autour du palais du roi, à l’heure dudîner. Quand les nattes eurent été séparées etgarnies, comme de coutume , avec les vivresréservés aux hommes d’une part, et de l’autreavec ceux que la loi permettait aux femmes, le roiarriva, choisit les alimens privilégiés, et, passant

du côté des princesses, s’assit auprès d’e^jen mangea et leur en fit manger. Grand jalors le scandale parmi le peuple. « Tab oU . (criait-il, tabou ! tabou ! » Et comme on ne te® 3 ,pas compte de ses cris, il courut vers le n 10et amena les prêtres, disant que le ciel a^se venger d’infractions aussi audacieuses et a ütéméraires. Les prêtres étaient prévenus 1 ,|jjouèrent leur rôle. « C’est vrai, dirent-ils, |une violation flagrante du tabou. Ehpourquoi les dieux ne se vengent-ils pas? ^

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vient qu’ils se laissent insulter ainsi pubM

ment devant tousleurs adorateurs ? Ce sontdes dieux impuissans, de faux dieux s’ils ’ f!vissentpas. Ilfautlesdétruire, s’en débarra 55 f[tvenez, habitans d’Hawaii , venez, quefassions justice. » Et de sa main, le grand-p r ^mit le feu aumoraï principal, dévouement ct knégation bien rares chez un idolâtre. Le p eP ;,jiimita l’exemple donné, et le vieux culte d’d a U,s’écroula avec ses temples. Les autres îlesd e Lfchipel ne restèrent pas long-temps sans i ll>l’exemple de la métropole. _ çt,

Un seul chef tenta de défendre les idol fiS yfut l’artificieux Kekoua-oka-lani. Il s’étab 3 ttenu de prendre part aux conférences qui a'^reu lieu; et quand leur résultat publictraîné l’incendie et la ruine des temples,en main le dieu de la guerre, Taïri, a» cl ^|jiaoriflamme des champs de bataille , et 1autour de lui un petit nombre de fanati<l u

voltés. De Oahou où il se trouvait il pa s

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Hawaii , gagna à sa cause une foule de méc u ‘‘

et de dévots, et se crut bientôt assez f°v

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balancer la puissance de Rio-Rio. Mat s fJ i) 1

nistre du roi, Karaï-Mokou , l’ami dU ll<n 16

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Tamea-Mea, présenta la bataille au reb eldéfit après un combat opiniâtre, où ilpé>|l’ Usa femme, amazone combattant à ses c °^ s s 1 ’ 5mort du chef ne découragea point tou tel ,j f 5troupes; elles revinrent à la charge, j Ll5 ^ ( jeKqu’anéanties, elles eussent laissé le cha 1 ®?^ â 1 ’ 5taille au pouvoir de Karaï-Mokou. La cal : I e

anciens dieux d’Hawaii fut perdue ce ^°^qt e 'célèbre Taïri tombé au pouvoir des va> c jp l

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fut donné quelques années plus tardtaine Byron qui l’emporta en Angl eter f^ JeA la même heure où le culte pri 111 **^contrée perdait sa dernière bataifl e > P 5 ’

culte arrivait de loin pour le remp^jyg.lJ^1820, six missionnaires venus des ^

Amérique débarquèrent à Oahou. jpo Jrésistance des colon* européens,accueillit à IIono-Rourou ; il l eUI ;. £ 0 ii f ' elterres et des hommes pour les servit’

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