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VOYAGE PITTORESQUE
chef distingué de la tribu des Hapas. Ces per-sonnages ne se distinguaient des autres insulairespar aucune marque extérieure , et tout leur vê-tement consistait en une ceinture, ou tchiabou,d’étoffe très-commune.
Ces deux enfans étaient vraiment de joliespetites créatures , charmans , espiègles , cau-seurs. Le régent Haape, homme d’un certainâge, d’un maintien calme et pacifique, parutanimé des meilleures intentions pour le capi-taine de POceanic. Il se félicita de posséder danssa baie un des navires de Pota (corruption dePorter) ; il se déclara prêt à lui être utile de toutesles manières. La taille du vieux chef était au des-sus de la moyenne. Ses cheveux, d’un gris clair,étaient en grande partie rasés; il n’en restaitqu’une touffe sur le haut du crâne, liée près dela racine avec une bande d’étoffe blanche. Leseul ornement qu’il portât était une paire dependans d’oreilles en dents de baleine travail-lées avec art.
Pia-Roro avait un air plus distingué et plusnoble que le régent des Taiis. D’une haute taille,doué d’admirables proportions et d’une granderégularité de traits, c’était un des plus beauxhommes que l’on pût voir. Sa peau avait été sicomplètement tatouée, il était si bien zébré,marqueté, criblé de figures exécutées d’une fa-çon artiste, qu’il avait pour ainsi dire un vête-ment complet de tatouage. Aussi, quoique sonteint fût naturellement aussi clair que celui deses compatriotes, sa poitrine et ses épaulesétaient devenues noires comme celles d’un nègredu Congo. Ses dents étaient d’une blancheur etd’une régularité admirables ; son maintien , sesallures , son visage, accusaient une dignité na-turelle , tempérée de bienveillance et d’affabilité.Il était impossible , à le voir, de ne pas recon-naître en lui un homme au-dessus des autresinsulaires par l’intelligence et par la position. Lesoin de la chevelure, qui paraît être à Nouka-Hiva un des signes extérieurs du rang de l’indi-vidu, était poussé à un très-haut degré chez Pia-Roro. Ses cheveux se massaient sur le sommetde la tête arlistement liés avec des bandes detapa ou étoffe blanche.
Pendleton connaissait déjà tout ce personnelde chefs. A diverses fois, l’aventurier avait re-lâché dans ces îles, et jamais il n’avait répondupar des violences au bienveillant accueil desnaturels. Dès qu’il eut dit qu’il voulait de l’eauet des vivres frais, on s’empressa de promettreque tout lui serait fourni selon ses désirs. Puison passa à quelques formalités de détail pourrégler la nature des relations entre les indi-
gènes et l’équipage. Pendleton lie voulait p aS
garder le pont encombré à toute heure, et ?
rester désarmé contre une affluence de curie**
sans cesse renouvelée. Il fut convenu entre le ef'
pitaineet les chefs que toutes les fois que le p aV )
Ion blanc flotterait en tête du grand mât, l’ace® 5
de POceanic serait permis aux insulaires;
qu’au moment où ce pavillon serait remp^
par un étendard rouge, le sloop deviendr 3 ’
tabou, c’est-à-dire interdit à tous les visite 0 ’ 8
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du rivage, à l’exception pourtant des persoùdu la famille royale et de ses ministres. Le
bon avait une valeur aussi sainte, aussi resp 1table à Nouka-IIiva qu’à Hawaii . Il fut COI ’ ve pen outre qu’un jeune chef de la famille ro} anommé Taï-Manou resterait à bord de POct a1> ^durant toute la relâche, comme otage et coi®garantie pour les matelots, officiers et p 35 ^gers qui descendraient à terre. Cette précau 0du reste semblait alors superflue, tant la b 0, ’ 5)harmonie régnait entre nous et les natufG.tant ils semblaient nous savoir de gré d’ a *préféré leur rade à celle de leurs voisins. j|Quand ces conditions eurent été arrêtée 5 ’fallut les signifier à celte multitude qui cou tle pont. Pour obtenir du silence, on fitroulemens de tambour, après quoi les c ^Haape et Pia-Roro prirent tour à tour la p al ^Ils expliquèrent aux insulaires présens fl ^était la loi définitive et suprême qui devait t®» ^
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les rapports entre le bord et la terre, ils|j!' Jcomprendre la signification des deux pa' v ' 1 . ji-rouge et blanc, articulèrent le mot labo a j
verses reprises pour donner sur-le-ch alPOceanic un caractère d’inviolabilité da* 1 * 1)(conditions spécifiées. De son côté, Pend^voulant, par un exemple, rendre le nou'cord plus intelligible, fit hisser en tête du a ,-c-mât le pavillon rouge. C’était le signal de^.^jtirer. Cette multitude n’obéit toutefois P ^ p^sl’instant même. Elle faisait semblant de 1voir le signe fatal ; elle se glissait dans 1 ^pont; elle écoutait à peine ses chefs q ul s u flaissaient pas avoir une grande influe* a j g i a
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elle. Quelques-uns se retiraient bien,masserestait,Alors Pendleton avisa àde s,,,< ?^,ji«plus décisifs : à un signal donné, douzemes de l’équipage allèrent prendre aux r atc # ede la chambre douze fusils de munition» erangeant sur deux colonnes, exécutèrent jg,niement d’armes ; après un second ^meut de tambour, Pendleton montra au*rels la terre du doigt, et puis les fusils- ‘jjjoi*significatif fut mieux compris que I e P arouge : les visiteurs se précipitèrent dans