Band 
Tome premier.
Seite
481
JPEG-Download
 

481

AUTOUR DU MOIS'DE.

P Ir °gues, se pressant, se culbutant l’un l’autre,5e J e tant à la mer et regagnant la grève à la^ge. Tous les hommes disparurent ainsi en un"'•d’œi] ; mais les femmes, au nombre dee Hle environ, ne voulurent pas prendre pour, s l’ordre impératif du capitaine : elles res-^ r ent. On eût dit qu’elles avaient le sentimente la force de leur faiblesse. Galanterie ou pitié,0,1 devait les épargner. Elles restèrent donc,s Urtout le groupe opiniâtre qui s’était misS ° Us la protection de Philips. Il fallut que la'"‘"'oeuvre fût renouvelée pour elles, et que lej c °nd de l'Oceanic se mêlât de l’expulsion., 4, sant violence à son caractère et à ses alluresRituelles, Philips se débarrassa à coups deguette des beautés qui le courtisaient le plus^ lVe >nenl; il les poussa vers la lisse. Lespau-créatures déployaient vainement tout cela nature leur avait enseigné de séductionsjV toucher, soit le capitaine, soit l’impitoyable'""tenant : il fallut obéir. Faute de pirogue, la^ "part d’entre elles se jetèrent à la nage ; et là,|)Q "r donner à ceux qui les avaient chassées^" s de remords et de regrets, elles se jouèrent

'•r,

C0|]

“h:

ta,

°ur du sloop en sirenes, &

lissant dans l’eau

"'nie des poissons, disparaissant, puis reve-"t à la surface, dans l’attitude la plus volup-

e "Se. Celte grâce, cette agilité, cette persis-te désarmèrent Pendleton. Il fit dire aux Nou-^'Hiviennes qu’il allait bientôt remettre lejt'lon blanc, et qu’alors, le navire n’étantjf" s tabou , elles pourraient revenir à bord.ç " l te promesse consola ces femmes : elles remer-‘""etu le capitaine par des regards affectueux,^ r de nouveaux ébats autour de l’Oceanic.^ plus espiègles d’entre elles vinrent faire^""t de souplesse derrière le couronnementc * e gros Philips fumait sa pipe, assis et appuyéSç ntre la baume. On eût dit que ces Néréides^^^puiaient l’honneur de le séduire par lesI e6 plus élégantes, les mouvemens les." s vif s , les poses les plus lascives. Ce jeu sef^? 0ri gea pendant une demi-heure, après quoi,i Suées, ces filles de la mer se formèrent env U ® et nagèrent vers la plage.

? rs< P le le pont fut libre et que les belles dedltv, ka ‘ Hiva eurent P r ' s l eur parti, nous descen-es dans la chambre de ïOceamc. Nous allionsmetireà table avec les chefs que Pendleton5 e ai |. r etenu s à dîner, quand une pirogue parut4per vers nous. Pia-Roro l’eut à peine

pb f “ Ue qu’il s’écria : « Anglais !] «Cette

a v j o ^ Ue en effet portail un Européen que nous

"V;

"tt

Pns de loin pour un sauvage, et qui entoute l’apparence : vêtemens, tatouage,

T. I.

teint cuivré et bronzé par le soleil. C’était unAnglais , un nommé Morrison, établi sur cesîles depuis bon nombre d’années. Comme il savail parfaitement la langue du pays, Pendletonl’institua son interprète en chef, et lui fit don-ner à ce titre la ration du bord pendant tout letemps que dura la relâche.

Alors on dîna. Sans scrupule pour leurs ta-bous, les chefs firent honneur à notre cuisine,à notre vin et à notre rhum. Ils étaient mêmeen train d’abuser de ce dernier, quand Pend-lelon y mit bon ordre. Comme on leur témoi-gnait quelque étonnement de les voir enfrein-dre ainsi l’interdit religieux porté sur nos metseuropéens : « A terre, répondit Pia-Roro, le ta-bou est rigoureux; mais à bord, non. Nos dieuxn’ont de pouvoir qu’à Nouka-Hiva; hors deNouka-Hiva ils n’en ont qu’un assez limité surnos pirogues; sur les vaisseaux des blancs ilsn’en ont point. » Et l’esprit-fort appuya sa ré-ponse d’un demi-verre de grog.

Quand le dîner fut fini, les chefs s’embar-quèrent dans leur double pirogue, et Pendletonvoulut leur faire les honneurs de la conduite.Ou arma la baleinière, et l’on rama vers le ri-vage. A une distance raisonnable, cinq coupsde cation partirent du sloop pour saluer noshôtes. Ils ne comprirent pas d’abord et s’ef-frayèrent; mais Morrison leur ayant expliquél'intention de celle salve, ils passèrent tout-à-coup de la crainte à la joie et redoublèrent vis-à-vis de Pendleton leurs témoignages d’affection etde gratitude. Pia-Roro surtout parut vivementtouché. Prenant un air digne et solennel, ildéclara que non-seulement lui Pia-Roro étaitdésormais au service du capitaine Pendleton,mais que toute sa tribu se trouvait à ses ordres.Nous ne prîmes pas garde alors à la gravité decette déclaration, dont la valeur ne se vérifiapour nous que plus tard.

Arrivés sur la plage, nous nous disposions àsuivre les chefs dans leurs cases, quand unscrupule soudain les saisit. « Leurs maisonsétaient tabou ce jour-là, disaient-ils : le lende-main elles s’ouvriraient pour leurs amis lesblancs. » Je crus d’abord que c’était de leur partun petit acte de représailles, et qu’ils entendaientconstater leur autorité sur terre comme Pend-leton l’avait fait à bord. Mais telle n’était pas lapensée des bons insulaires. Ce qu’ils voulaient,c’était d’avoir quelque temps devant eux pourse préparer, pour disposer une fete solennelleet imposante. Quand le salut des cinq coups decanon eut été expliqué à Pia-Roro, il pensa queles chefs nouka-hiviens ne pouvaient pas de-

61