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[Tome second.]
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OCEANIE. ILES TONGA .

vait reconnu pour hou ou roi de tout larchipel.Cette soumission nétait toutefois quune feinte;car, avant même de sembarquer, Finau put voirsa forteresse livrée aux flammes. Sans les prê-tres qui pressaient son départ, il eût vengé cettetrahison, il eût exterminé Tarkaï et sa famille ;mais la cérémonie religieuse passait avant lesrancunes politiques. Finau revint sur Namouka,puis sur Lefouga , saccomplissait déjà la so-lennelle levée du grand tabou mis sui les produc-tions de la terre. Le nouveau touï-tonga pré-sidait à cette fête commémorative, et cinq joursaprès il épousa lune des filles de Finau , âgéede dix-huit ans. Ce touï-tonga, qui navait alorsguère plus de quarante ans, devait être un frèredu précédent.

A peu de jours de, surgit un nouvel inci-dent de guerre. Lun des fils de Tougou-Aho,nommé Toubo-Toa, avait juré dans son cœur devenger la mort de son père sur la personne dumeurtrier Toubo-Niouha, le complice de Finau.Jusquaprès laccomplissement de lacte expia-toire , il avait fait le vœu de ne pas boire delait de coco. Persévérant dans ses desseins ,il sétait attaché à Finau, cherchant à noircirToubo-Niouha dans son esprit, et à en faire unrival fort dangereux pour lui. Finau prêta lo-reille à ces insinuations passionnées ; il devintjaloux de son frère, de son influence toute-puis-sante à Yavao , il alla jusquà laisser entrevoirle désir den être débarrassé.

Cela suffit à Toubo-Toa. Décidé au meurtre,il saisit le moment Toubo-Niouha se trou-vait à Lefouga, le fit surprendre un soir et as-sassiner par quatre affidés sous les yeux mêmesde Finau. Celui-ci laissa le crime se consom-mer, et se contenta de protester publiquement.Les plus grands honneurs furent rendus au corpsde la victime ; on lenterra dans le tombeau deses ancêtres avec tout le cérémonial à sonrang.

Pour mieux garder sous son patronage unecontrée lointaine, Finau nomma alors au gouver-nement de Yavao, une femme, sa tante Touï-Oumou. Les chefs prêtèrent serment de fidélitéau roi de Hapaï sur le vase du kava sacré ; maistrois semaines après, Vavao et sa nouvelle sou-veraine se soulevaient contre Finau, quils accu-saient de complicité dans le meurtre de Toubo-Niouha. Lîle se déclarait indépendante, et uneforteresse sélevait à Felle-Toa.

Voilà quelle nouvelle guerre fit diversion àlattaque de Tonga-Tabou. La soumission cleYavao était désormais bien plus urgente : Finauy songea avant tout. Il passa sur lune des îles

Hapaï, Hanao, avec 4,000 hommes, et decingla pour Vavao avec trois pirogues seulement,avant-garde de son armée. Le débarquement eutlieu sur Naï-Afou, le lieu saint de Vavao, commeMafanga lest de Tonga-Tabou. De Finau seporta vers la citadelle ennemie, et ouvrit desnégociations devant ses retranchemens. Leschefs de Vavao ne se montrèrent pas intraita-bles : ils consentaient à reconnaître Finau pourleur chef, mais ils exigeaient quil se fixât surleur île, et quil ny gardât quun petit nombrede ses sujets de Hapaï, ou bien encore, si la rési-dence de Vavao ne convenait pas au roi, ils luioffraient de reconnaître sa suzeraineté par untribut annuel, à la condition toutefois que T îleserait gouvernée par des indigènes et non pardes chefs envoyés de Hapaï. « Nous sommes fa-tigués de combats, disaient les négociateurs ;nous voulons une longue et bonne paix. »

Finau nécouta ces ouvertures quavec colère ;il se rembarqua sur sa pirogue, fulminant desparoles de vengeance. De retour à Hanao, il ras-sembla toute la flotte, et partit pour larchipelrebelle avec 5,000 hommes et 150 pirogues. Lesartilleurs anglais étaient de la campagne avecdeux canons. On aborda le lendemain à Naï-Afou, et le jour suivant on se trouvait en face dela terrible citadelle avec un appareil menaçantet des ressources de tout genre.

Les assiégés ne sépouvantèrent pas. Ils re-çurent leur ennemi à coups de flèches. Finau nyrépondit point daborcl ; il demanda un armistice.« Que les parens, les amis, engagés dans les rangsopposés, se voient et sembrassent, » dit-il. Eneffet, pendant trois heures, il ny eut entre lesdeux partis que des larmes versées. On se jetadans les bras les uns des autres, déplorant lesdures nécessités de la guerre. Cette scène se fûtdénouée peut-être par une transaction, sans lin-cident dune agression isolée. Un des assiégéslança une flèche à Mariner, qui se trouvait auxpremiers rangs, et le manqua ; lAnglais ripostapar un coup de mousquet et ne le manqua point 4Cette explosion devint le signal dun combat quise prolongea durant toute la journée avec unegrande effusion de sang de part et dautre. Pres-que tous les meurtriers de Toubo-Niouha restè-rent sur le champ de bataille; Toubo-Toa lui-même perdit sa femme qui fut faite prisonnière.Mais ces petits avantages étaient rudement expiéspar les assiégés ; le canon couvrait de morts leursretranchemens et ne leur laissait dautre pers-pective que celle dune résistance héroïque etstérile. Loin de fuir intimidés devant ces bouchestonnantes, plus dun insulaire les affronta, les