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[Tome second.]
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OCEANIE. -

reconnu leur erreur que lorsque leur perte étaitaussi consommée.

» Bien quaucun document positif et directnait démontré que ces débris ont réellementappartenu à lexpédition de Lapérouse , je nepense pas quil reste à cet égard la moindre in-certitude. En effet, les renseignemens que jairecueillis des naturels sont parfaitement con-formes, sous }es rapports essentiels, à ceux quese procura M. Dillon; et cela, sans que nousayons pu être influencés lun par lautre, attenduque je neus connaissance de son rapport à lIle- de-France que deux mois après que jeus expé-dié le mien au ministère. Ces dépositions ontdonc tous les caractères de lauthenticité ; ellesattestent que deux grands navires périrent, il ya quarante ans environ, sur les récifs de Vani-koro , quils contenaient beaucoup de inonde ;les naturels se sont même rappelé quils por-taient le pavillon blanc. Tout cela, joint auxpièces de canon, aux pierriers rapportés, dé-montre que ces navires étaient des bâtimens deguerre ; mais on sait positivement que, long-temps avant comme après cette époque, nul autrenavire de guerre na péri dans ces mers que lesfrégates de Lapérouse, et la Pandora, comman-dée par Edwards, qui fit naufrage sur les récifsdu détroit de Torrès . En outre, la nature dequelques - unes des pièces rapportées du nau-frage montre quelles appartenaient à une mis-sion chargée de travaux extraordinaires. Enfin,lunique morceau de bois rapporté par M. Dil-lon sest trouvé coïncider avec les dessins quiont été conservés des sculptures de la poupe dela Boussole. Que de probabilités réunies quidoivent équivaloir à une certitude complète !

» Comme on sattendra sans doute à me voirémettre mon opinion sur la route que les Fran­ çais durent suivre après avoir quitté Vanikoro,je déclarerai quà mon avis ils durent se dirigersur la Nouvelle-Irlande, pour atteindre les Mo-luques ou les Philippines , sur les traces de Car-teret ou de Bougainville. Alors cétait la seuleroute qui offrît quelques chances de succès à unnavire aussi faible, aussi mal équipé que pou-vait lêtre celui qui fut construit à Yanikoro ;car on doit présumer que les Français avaientété singulièrement affaiblis par la fièvre et lescombats avec les naturels.

» Jirai même plus loin, et joserai dire quece sera sur la côte occidentale des îles Salomonquon pourra par la suite retrouver quelquesindices de leur passage. »

Cette dernière pensée du capitaine dUrvilleétait le résultat de conjectures si fortes, queu

T. II.

VANIKORO. 137

quittant Vanikoro, il voulait aller reconnaîtreles îles Salomon , pour y suivre, sil était possi-ble, les traces des Français . Mais létat déses-péré de son équipage lobligea à tirer directe-ment sur les îles Mariannes, seule relâcheles malades pouvaient espérer quelque secours.

Quand les premières nouvelles des décou-vertes de Dillon parvinrent en France , on crai-gnit que le capitaine dUrville, alors en coursde mission , ne pût pas profiter de ces donnéespour se rendre sur le lieu du naufrage. Pourtout prévoir, le ministre de la marine donnadonc lordre à M. Le Goarant qui commandaitla corvette la Bayonnaise , en station alors surla côte occidentale de lAmérique , de faire voilevers Tikopia et Yanikoro, à leffet dy opérertoutes les recherches nécessaires pour constaterle naufrage de Lapérouse .

M. Le Goarant appareilla de Valparaiso le 8février 1828, visita en route les îles Hawaii , Fan-ning, Sidney, Phœnix, Rotouma et Tikopia . Surcette dernière île, il trouva le Prussien Bushartet le lascar Joe. Le premier se montra sourd àtoutes les propositions dembarquement: Joe,qui venait de perdre sa femme, se montra plusaccommodant : il monta à bord de la Bayonnaise.Cette corvette parut devant Vanikoro le 3 juin,et y passa, suivant le récit du capitaine, douzejours sans mouiller nulle part. Elle fut ainsi pré-servée des fièvres de lîle ; mais sa reconnaissanceà la voile resta, par contre-coup, sans résultatpour la géographie et pour la science : la questiondu naufrage de Lapérouse demeura en outre aumême point le capitaine dUrville lavait lais-sée. -Il est à regretter que la Bayonnaise, avecun équipage double de celui de P Astrolabe, naitpas envoyé un fort détachement à Païou, pour yfaire exécuter des fouilles qui auraient peut-êtreconstaté le séjour des Français . Le fait le plus re-marquable de lapparition de la Bayonnaise de-vant Vanikoro, fut que lun de ses canots fitla découverte du monument quavaient élevé na-guère les marins de P Astrolabe. Loin de détruirele mausolée, les habitans lentouraient dunesorte de vénération, et ils ne permirent quavecpeine aux nouveaux venus de venir y clouer unemédaille attestant le passage de la Bayonnaise.Ainsi, on a lieu de lespérer, ce mausolée du-rera autant que le permettront les matériaux fra-giles dont il est composé. La France ne fera-t-elle, pour des marins morts à son service, riende mieux que ce simple et périssable monument,improvisé dans une pensée pieuse ?

Dautres navigateurs ont sans doute vu Vani-koro depuis les deux expéditions de MM. dUr.

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