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[Tome second.]
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OCEANIE. ILE CELEBES,

brodé, tantôt une bande détoffe semblable auturban des Turcs. Les grands et le peuple serasent ; mais ils gardent leur chevelure. Commeplusieurs peuplades malaises , ces indigènes sel'ont limer et teindre les dents. Cette opérationse pratique dès la douzième année. Fort propresdailleurs, ils usent du bain comme tous les ma-hométans et soignent le corps avec une graisseodorante. Les femmes portent des chemises demousseline à manches courtes et étroites, qui seferment sur le côté, des pantalons de soie tom-bant jusquà la cheville, avec un pantalon demousseline par-dessus ; elles bouclent et tressentleurs cheveux avec art. Comme on le voit, cesont les costumes et le luxe de lOrient.

Les mariages se lonl, entre Macassarais, verslâge de quinze ou seize ans. Parmi les gens riches,le père du futur doit faire bâtir une maison pourloger le nouveau couple. Le matin de la noce,Je fiancé, revêtu de ses plus beaux habits et ac-compagné dun parrain, se rend à la mosquée,d il envoie des présens à sa future. Cette for-malité remplie, Yaggui conduit le jeune hommedans le temple, lui détaille ses devoirs, puis luidemande sil veut prendre telle fille pour sonépouse ; sur sa réponse affirmative , il le prenddune main et tend lautre au parrain , puis lesconduit lun et lautre vers la mariée. A la ma-riée, il renouvelle la question : « Voulez-vousun tel pour votre mari? » Si elle répond oui,laggui réunit les mains des deux conjoints, etlepouse donne à son mari une bague dor. En-suite on se met à table; puis, après le repas, onenferme pendant trois jours les mariés dans unechambre obscure, éclairée par une seule lampe,et fournie de quelques vivres par une vieilleesclave. Au bout de ce temps dépreuve, ils peu-vent aller habiter la maison qui a été construitepour eux et un grand festin termine la fête.

Le gouvernement de Macassar fut autrefoisle plus puissant des mers malaises. Cet em-pire, florissant au seizième siècle, avait des colo-nies sur la plupart des îles qui renvironnaient ; ilavait une armée nombreuse, des flottes, des tré-sors, qui semblent aujourdhui avoir disparu. Ily a bien encore un empereur de Macassar, maisil ny a plus dempire. Cet empereur est un sim-ple membre de la confédération de Célèbes , unpauvre vassal des Hollandais. Jadis la couronneétait héréditaire ; on comptait même une succes-sion de dix siècles de rois légitimes. Larmée,de 15,000 hommes environ, nétait payée quentemps de guerre. Le drapeau national est blancet rouge, parsemé de croissans, de feuillages etdoiseaux brodés en or.

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Au milieu du seizième siècle, les Macassaraisétaient encore idolâtres. Vers cette époque,lÉvangile y fut importé par des marchands deTernale, et le roi et ses sujets reçurent, dit-on,le baptême des mains des Portugais ; mais undemi-siècle plus tard, la foi mahométane pé-nétra dans le pays, par suite des relations desMacassarais avec les Achinais de Sumatra ; et,depuis lors, ces indigènes sont devenus des mu-sulmans fanatiques.

Les Boughis sont aussi musulmans, quoiquedune humeur moins intolérante que leurs voi-sins. Toute lindustrie maritime et manufactu-rière de lîle semble sèLre concentrée entre lesmains de ces Boughis, peuple actif, peuple navi-gateur. Ils fabriquent une quantité énorme detoiles de coton bleues, blanches et de diversesautres couleurs , des étoffes de soie écrue,des pagnes, des nattes de prix. La pêche etle cabotage semblent être leur occupation laplus essentielle. Non - seulement ils parcou-rent tous les groupes circonvoisins, les Mo-luques, Sumatra , Bornéo , Java , les Philip­ pines ; mais ils abordent au continent indien,visitent Macao et Canton , Madras , Calcutta ,Surate et Bombay, et poussent même leurs prosjusque dans les parages de la Mer-Rouge . Cesont encore les Boughis, marins hardis et ha-biles , qui vont sur les côtes de lAustralie , etsurtout dans le golfe de Carpentarie, pêcher cestripangs , lun des articles les plus avantageuxdu commerce avec la Chine .

Lîle Célèbes appartint dabord aux Portu­ gais , qui sy établirent, en 1525, et sy maintin-rent même après avoir été chassés des Moiu-ques. Les Hollandais ne sen emparèrent quevers 1660, et la conservèrent moins à cause desbénéfices quelle leur donnait que par la craintede la voir tomber entre les mains dune autrepuissance. De tout temps les dépenses occasio-nées par loccupation ont excédé les recettes.On espère pourtant que les réformes introduitespar le baron Van-der-Capellen rétabliront leschoses sur un meilleur pied. Le régime ab-surde du monopole a pu étouffer à Célèbes toutes les richesses du plus beau sol; mais lecommerce et la culture libres doivent lui rendreles avantages dont la nature la dotée. Du reste,ce sera une question qui reviendra pour nous,quand nous jetterons un coup-dœil sommaireet général sur le système administratif qui a silong-iemps régi ce que lon nomme les Iles àépices.

Avant les Hollandais, lhistoire locale avaitpeu de choses à dire qui fussent, dignes datten-