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[Tome second.]
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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE.

de la baie de Padjitnn et le cap Japara est desoixante-six lieues, et entre l’embouchure de larivière Serayou et celle de Sourabava, elle variede seize à dix-neuf lieues. La forme de l’île estcelle d’un rectangle et scs côtes sont assez, pa-rallèles pour qu’on put la diviser en cinq ou sixparties qui formeraient autant de parallélo-grammes. Les côtes de l’O. et du N., fortementdécoupées, ont des ports abrités et des baiestrès-sures.

Java avant peu de largeur dans toute sonétendue n’offre guère que deux cours d’eau quel’on p iisse citer, le Solo et leKediri; le pre-mier parcourant la partie centrale et se jetantdans la mer de Java; le second, descendu desmontagnes sacrées et allant se perdre à Soura-baya dans le golfe de ce nom. Les autres rivièressont à peine dignes d’une mention; la Tehi-Manok , la Tchi-Tandoni, la plus grande decelles qui coulent au S.; la Tchi-Kanjongan etla Tchi-Taroung. Chaque district a sa rivièreprincipale, presque toujours navigable pour lescaboteurs. Java n’a pas non plus de lacs impor-tans. De vastes étendues d’eau se forment dansla saison pluviale ; mais ces flaques , nomméesrawas par les naturels, se dessèchent quand lamousson change et deviennent des champs cul-tivables. Le pins étendu de ces rawas est lefuit en 7.ee (mer intérieure j. La province deBngalan au S. de l’ile a un petit lac très-pois-sonneux.

Le terrain de Java est uniformément accidenté.Toute la côte septentrionale est comme flanquéede petites îles que forment les atterissemens descours d’eau; elle est plate, sablonneuse et va-seuse. La côte méridionale est au contraireescarpée et bordée de falaises basaltiques. L’ileprésente ainsi un amplnléâtre qui va du sud aunord, sauf dans quelques districts (pie cou-pent les chaînons intérieurs. Le sol primitif del’ile semble volcanique. Les montagnes ignivo-mes, toutes terminées en pointes aiguës, ontdes flancs sillonnés de ravins qui roulent destorrens d’eau dans la saison pluvieuse. Tantôtcle petites chaînes de collines élancent vers lesdeux leurs bizarres blocs de basalte; tantôt deschaînes calcaires se présentent sous l’aspect deplateaux élevés; enfin d'autres chaînes, partici-pant de l’une et l’autre nature, demi-calcaires,demi-volcaniques, se prolongent le long descôtes sous toutes les formes et dans toutes lesdirections. Les sources minérales et sulfureuses,les puits de naphte et de pétrole, les éruptionsignées ou boueuses, enfin tous les phénomènesqui accompagnent une origine volcanique se pro-

duisent fréquemment dans toutes les parties deJava.

La géologie de cette île, d’un caractère toutspécial, ne semble pas se lier, au moins d’unemanière apparente, au système montagneux dela presqu’île de Malacca et de l’ile de Sumatra .Les montagnes de Java ne forment plus deschat es suivies, mais des groupes détachés,alignés toujours dans le sens de la plus grandelongueur des terres. Ce n’est pas là d’ailleurs laseule différence qui existe entre Sumatra et Java.L’arbre de teck croît dans cette dernière île engrande abondance et ne se produit pas dans lapremière. Sumatra est riche en minéraux pré-cieux ; Java n’en a point ; enfin le sol de Java estplus fécond, mais oh n’y voit pas de camphrier,richesse principale de Sumatra .

L’élévation des montagnes javanaises du pre-mier rang varie de 1,600 à 10,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. La première chaînecommence dans le Hautain ; le pic le plus re-marquable est le Gounong - Karang. La se-conde chaîne est celle de Salak que les marinsappellent aussi les Alontagnes-BLues. La troi-sième est celle du Gode ou Pangorango, dontplusieurs cimes sont volcaniques. Plus à l’E. estla grande chaîne volcanique où se trouvent lessommets ignivomes de t’Ungarang, du Merba-bott, du Merapa, et plus à l’E. encore celui deJapara. Toutes ces chaînes forment trente-huitmontagnes bien distinctes recouvertes d’une ma-gnifique végétation, offrant partout les traces decratères éteints. A diverses époques, ces cra-tères ont vomi sur Java leurs flots de lave etleur pluie de fumcc Un phénomène plus étrangeencore sc produisit en 1772, pendant une courtemais cpouvantalfle éruption. Vers la partie occi-dentale du district de Chenbon, existait à cetteépoque l’un des plus grands volcans de Java,le Papadayang. Dans la nuit du 11 au 12 aoûtun nuage lumineux d’un aspect extraordinaireenveloppa toute la montagne ; puis , quelquesheures après, avant que les habitans eussent puprendre la fuite devant l’horrible phénomène,la montagne s’abîma à la suite d’une détonationeffrayante. On eût dit une longue décharged’artillerie, accompagnée d’éruptions de pierresvolcaniques lancées à plusieurs milles de dis-tance. Au jour, la montagne avait entièrementdisparu. Tout le sol, sur quinze milles anglais delong et six mille de large, fut bouleversé: 2,957habitans périrent; toutes les cultures furentdétruites. Cette montagne, jadis élevée de plu-sieurs mille pieds au-dessus du sol, et avec unehase de quinze milles de diamètre, fut engloutie