VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MOAL)U.
relit pas à se rcvcilier. Avec les richesses créées,avec les propriétés qui se fondaient, vinrentles vcdéilés de vol et de larcin, lin 1792, mal-gré les chàlimens les plus rigoureux, ces délitss’accruri lit d’une manière vraiment effravanle.Il est vrai que, plus d’une fois, la misère et lafaim poussèrent les coupables a ces actes con-damnables. Vers la fin de la même année, legouverneur Philllp quitta la colonie au momentoù les concessions laites aux cultivateurs s’éle-vaient déjà à 3,470 acres. Plusieurs officiers dela garnison avaient choisi, sur les bords du ca-nal de Sydney à Parraina lia, dis terres étendueset lerliles qui, exploitées p..r des convie.s, lui-rent assez promptement une vidtur considé-rable. Plus tard encore, des colons libres étantarrivés d’Angleterre sur les vaisseaux de l’Etat,on mit à leur disposition des terres et des con-vicls pour les défricher, puis les rations de lacolonie pendant deux ans. Déjà ces rations secomposaient de grains provenant du territoire.
L’année 1794 vit s’accroître les défriche-mens d’une manière prodigieuse. Les seuls co-lons de l’île Norfolk , dont les récoltes avaientété magnifiques, purent céder au gouvernementcolonial onze mille boisseaux de maïs. On s'at-tendait à une récolte de trente mille boisseauxsur les bords de l’ilavvkesbury ; mais les pluieset les débordemens en emportèrent une portion.En revanche, on reconnut que les bestiaux per-dus en 1788 sur l’île Ncpean y avaient multi-plié. Au lieu de deux taureaux-el de cinq vaches,on y trouva un beau troupeau de soixante bêtesà cornes de la plus belle venue. 11 lut décidéqu’on laisserait ce bétail prospérer seul et tran-quillement, en le réservant pour les besoins im-prévus île la colonie.
Vers celte époque, le gouverneur - généralHunier vint administrer la Nouvelle-Galles du Sud , et l’année de son installation fut marquéepar une pluie de glaçons qui ruina les récoltesde quatre fermes dans l’Hawkesbury, hacha lesblés, cribla les arbres et détruisit les plantationsde maïs. Quoique le temps fût assez doux, laglace resta deux jours sur le sol, et quelquesblocs qui furent trouvés le second jour avaientsix ou huit pouces de long sur deux doigts d’e-paisseur. Le recensement, au 1er septembre1790, constatait dans la colonie 4,848 âmes,dont 889 pour l’île Norfolk . Sur ce nombre, 32 1seulement n’étaient point nourris par !’E at. Lebétail consistait en 67 chevaux et jumens, IÜ1vaches et génisses, 74 taureaux et veaux, 5 4bœufs, 1,531 moutons, 1,427 chèvres et 1,809cochons.
Les villes commencèrent alors à s’organiserrégulièrement. Les maisons de Svdney et de Par-ramatta lurent numérotées et divisées par quar-tiers. Ou etabl.t des magistrats , des constableset des walclnnen ; on construisit une prison enbois dans l’une et l’autre localité; on fonda desécoles, des hospices et îles églises. Le nombre descolons libres, jusque-la assez restreint, alla euaugmentant d’une manière sensible. Ils poussè-rent leurs exploitations dans le cœur du pays, et,à l’aide de convicls que le gouverneur mettait àleur disposition , ils eurent bientôt décuplé lamasse des terres en culture f Pl. LII ■—2j. Ame-sure que la civilisation agricole empiétait ainsidans l’intérieur,elle avait davantage à se défendredes attaques des insulaires, dont elle abordait lessolitudes. Plus d’une fois les fermes furent pil-lées. et il fallulque les colons anglais se réunissentpour aller, à leur tour, attaquer et contenir cessauvages. Ces liarci llemeus presque continuels,suivis de tentatives de p liage, et les déborde-mens de l’Hawkesbury, furent une douLle plaiequi affligea long-temps ces industrieux et bravescultivateurs. Malgré ces obstacles, on comptait,vers la fin de 1798, 7,865 acres de terres enculture.
Ce fut deux ans plus tard, et vers la fin de1800, que mourut un nommé Wilson, convictanglais qui avait acquis une espèce d’ascendantsur les indigènes. Pour atteindre ce but, il s’é-tait dit de leur race, et il avait même poussél’impudence jusqu’à désigner une vieille Austra lienne comme sa mère. La pauvre femme l’avaitcru, et la peuplade avait accepté Wilson commeune espèce de chef. Il usa et abusa de l’auto-rité, surtout pour accaparer les plus jeunes etles plus jolies femmes. Pendant quelque temps,on supporta ci lie fantaisie despotique; mais unbeau jour que Wilson usait de violence vis-à-visd’une jeune femme, les pareils de la victime letuèrent à coups de lances.
En septembre 1800, lorsque limiter quitta legouvernement de la colonie, Svdney comptaitune foule d’édifices publics. Deux petits naviresétaient sur les chantiers: une monnaie de bidonapportée d’Angleterre fut appropriée au servicede la colonie, et defense fut faite d’exporter oud’impmter en monnaie de cuivre aucune sommeau-dessus de cinq livi es sterling. Au mois dejuin 18 :, 1 , la population était de 6,608 person-nes: mais dans les années suivantes, sous lecapitaine Gidlev Kiug , elle s accrut dans desproportions énoi mes, non pas à 1 aide des con-vicls , mais par suite, d’émigrations d’ouvriershonnêtes, qm vinrent d’Angleterre pour cher-