OCEANIE.
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le Sinus et le brick Sttpphj devaient protégerla marche de ce convoi, el le commodore Phil-lip, premier gouverneur de ce poste péniten-tiaire, mit son pavillon sur la (régate. Cette pe-tite escadre emmenait 1,017 personnes; savoir:en condamnés ou convich t expresson anglaisedont nous usons de préférence i, 56ô du sexemasculin et 19 (de l’autre sexe: puis les diversesautorités el les soldats charges de l’organisationet de la police de la colonie.
Partie des ports de l’Angleterre le 13 mai,l’escadre toucha successivement à Ténérifl'e, àRio-de-Janeiro et au cap de Bonne-Espérance où elle se ravitailla en faisant provision degraines et d’une bonne quantité de bétail. Le20 janvier I 788, tous les navires étaient à l’ancredans la rade de Botauv-Bay, n’ayant, dans cettelongue traversée, perdu que 32 hommes.
A peine mouillé, on reconnut le terrain. 11fut facile de comprendre qu’il était toul-à-faitimpropre à une colonisation, et ou modifia leprojet de Banks eu ce sens que le poste futfondé à quelques milles plus au noro devantPort-Jackson , où Phillip alla jeter l’ancre avectoute l’escadre.
Alors on fonda sur cette plage la ville deSydney , premier nom de l’etablissement; ondéblaya le terrain, on éleva des tentes, on pro-céda à des essais de culture qui réussirent tous,à part les blés dont la première récolte avortacomplètement. Ces débuts furent ingrats et dif-ficiles : les convins, à peine libres, retournèrentà leurs vieux penchans ; il y eut des pillages etdes meurtres , dont quelqu. s exemples sévèresarrêtèrent à peine le cours. Une cour martialefut établie en permanence; elle ne prononçaitpourtant la peine de mort qu’à la majorité desept voix contre cinq; el encore fallait-il que legouverneur donnât l’ordre formel d’exécuter lasentence.
Au mois d’avril assez de baraques étaientdéjà construites pour mettre à l’abri les nou-veaux colons pendant les rigueurs de l’hiver.Malgré les ravages du scorbut et des maladiesvénériennes, l’etat sanitaire était assez satisfai-sant, et tout laissait croire qu’on pourrait en-core l’ameliorer par la suite. A son arrivée, l’é-tablissement possédait à vaches , 2 taureaux , 3poulains, 29 moutons, 19 chèvres, 25 cochons,49 pourceaux, 5 lapins, ISdindons, 35 canards,29 oies, 122 poules et 85 poulets.
Ces détails ne sont pas sans importance ; ilfaut savoir d’où est partie Sydney pour apprécierle chemin qu’elle a fait en quarante aimées.
De nouveaux approvisionnemens arriérent
T. II.
en 1789 du Cap de Bonne-Espérance par la fré-gate i< Sinus. Ce bâtiment portait, entre autresobjets, cent vingt-sept milliers de farine, pro-vision précieuse, au moment où la récolte desblés venait de manquer loul-à-fait. Cependantelle devint meilleure dans l’aimée courante, etl'on put obtenir deux cents boisseaux de blé,soixante d’orge, et quelque peu d’avoine et demaïs.
La colonie, en 1790, souffrit encore de la di-sette. Envoyé aux approvisionnemens, le Sinuss’etail perdu sur l’ile Norfolk , et il fallut se ré-duire a une ration tr ès-mesquiue jusqu’à l’ar-rivée du Lnhj Juhniifi qui, avec des vivres,portait deux cent vingt-deux femmes condam-nées. 11 fut suivi de trois autres bàiimens chai gésde mille nouveaux conviens.
La question de la colonisation était vidée;elle marchait. On donnait des terres aux soldatsqui voulaient se fixer à Sydney . Ou en donnaitaux convias qui voulaient user de leurs braspour se créer une position meilleure. Chacund’eux recevait trente acres de terrain s’il étaitcélibataire, cinquante s’il était mar ié, plus dixacres pour chaque enfant né au moment de laconcession. La seule condition que l’on imposaitaux adjudicataires, était de résider sur le solet de le cultiver. Un système d’indulgence étaiten outre adopté pour que les criminels prissentgoût peu à peu au travail et s’attachassent àleur nouvelle patrie.
Depuis lot s la situation devint de plus en plusprospère. Long-temps hostiles aux nouveauxdébarqués, les tribus indigènes leur laissèrentquelque trêve , et finirent par faire la paix aveceux. Le chef de la tribu de Sydney , Btnilong,vint même s’établir près du gouverneur qui l’ac-cueillit et l’admit à sa table. Eu même temps lesdélriehemens de l’intérieur s’organisaient surune échelle plus impor tante : ou fondait le vil-lage tle Parrainai la. autour duquel s’élal lissaientdes colons ; dix-sept cents convicts arrivaientcomme renfort agr.cole à la colonie nouvelle,et, en avril 1791, James Ruse venait déclarerle premier, au gouver neur, qu’il renonçait à saration sur les magasins publics, son travail pou-vant, désormais, suffire à sa subsistance. Cetexemple devait bientôt avoir une foule d’imita-teurs. Le gouverneur recevait alors le droit degracier et de commuer les peines, et la colonie,dont l’importance croissait chaque jour, deve-nait la Nouvelle-Galles du Sud . 921 acres deterrain étaient défrichés.
Cependant les instincts particuliers à la na-ture d’hommes qui peuplaient la colonie ne tardé-
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