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[Tome second.]
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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE.

forme la plus simple; ils se donnent la peinedarrondir leurs pierres en forme dœuf, ce quileur donne une plus grande vitesse, et rendleurs blessures plus dangereuses. Pour imprimerle mouvement de projection à leurs lances, ilsont, comme à Tanna, un bout de corde, munidune gance à un bout pour placer le doigt, età lautre, dun bourrelet pour retenir la lance.Pour la pècbe , ils emploient le harpon et quel-quefois les fdels. Labillardière donne la figuredun guerrier prêt à envoyer sa lance avec lecordon dont nous venons de parler , et tenantde la main gauche un casse-tête terminé par uneétoile à cinq rayons (Pl. LUI1). Ils ont desnattes de toutes les formes, et linstrument quilsnomment nboaal paraît leur tenir lieu de cou-teau (Pl. LIII2).

Comme on la déjà dit, leurs habitations res-semblent à des ruches dabeilles surmontées parle poteau central, orné de bas-reliefs ou de co-quillages. A lintérieur, quelques poteaux deboutsoutiennent de petites plate-formes, les natu-rels posent leurs provisions ou dautres objets.Sur le plancher, sont des nattes ou simplementde lherbe sèche, qui servent de siège lejour, etde lit la nuit. Plusieurs cases ont deux foyers ,dont lun est presque toujours allumé. Cette cha-leur constante cl une fumée qui ne peut séchap-per que par la porte rendent ces habitationspresquinaccessiblcs aux Européens. Cook sup-posa que les naturels ne se résignaient à subirune pareille atmosphère , que pour chasser lesmoustiques, qui sont fort importuns dans lepays.

Une grande jarre en terre est à peu prèslunique ustensile des naturels. Chaque caseen possède une au moins; quelques-unes enont plusieurs. Cest dans ces jarres quils cuisentleurs alimens. Le foyer de la cuisine est en pleinair, hors de lhabitation; il est pourvu de cinqpierres pointues, disposées en carré : quatre auxangles et la cinquième au centre. Elles sonttoutes de six pouces à peu près, et servent detrépied pour les jarres quon y place, en ayantsoin de les incliner sur le côté.

La nourriture des naturels se compose prin-cipalement de poissons, coquillages, racines,fruits , et de certaines parties de végétaux. Labil-lardière constata quils mangeaient de la chairhumaine et de gros morceaux de stéalite ver-dâtre. La première de ces deux ressources nepouvait être quéventuelle ; la seconde nétaitguère substantielle; elle trompait la faim sansdonner de forces. Les araignées que man-geaient quelques naturels nétaient pas non plus

un aliment bien nutritif. Sans doute, ces sau-vages navaient recours à ces tristes mets, queparce quils nen trouvaient pas dautres. Eneffet, cette île, différant de toutes les îleséquatoriales dont la végétation est si riche et siféconde, na, comme nous lavous déjà dit,quune végétation pauvre et maigre.

Forster estime à cinquante mille âmes la po-pulation totale de la Nouvelle-Calédonie , et sitoutes ses parties ressemblent aux environs duhavre Balade, ce chiffre est plutôt au dessusquau-dessous de la vérité. Yoici ce que dit Fors-ter des naturels et de leur manière dêtre :

« Ils nont point encore atteint ce degrélesprit est assez perfectionné pour ne pointmépriser le sexe. Leur caractère trop grave nepeut être captivé par les caresses dune femmeni apprécier les jouissances domestiques; ilssont quelquefois obligés de travailler beaucouppour pourvoir à leur subsistance, mais ils passentdans le repos leurs heures de loisir; ils ne selivri ni jamais à ces petites récréations qui con-tribuent tant au bien-être des hommes, et quirépandent la gaieté et la vivacité sur les îles delàSociété et des Amis. Excepté le sifflet dont il aété question plus haut, nous navons remarquéaucun instrument de musique à la Nouvelle-Ca­ lédonie ; nous ne savons pas non plus sils ontdes danses et des chansons ; mais nous avonslieu de supposer quils ne rient presque jamais;ils parlent aussi très-peu, et peu dindividus pre-naient plaisir à converser avec- nous. Leur lan-gue paraît informe, et leur prononciation est siconfuse que les vocabulaires faits par diversespersonnes de léquipage différaient beaucoupentre eux ; quoiquils aient peu de consonnesdures, ils reviennent souvent aux guiturales etils ont quelquefois un son nasal ou rhinnmusqui embarrassait communément les personnesqui ne connaissaient dautre langue que lan­ glais . Léloignement de leurs plantations pré-vient peut-être cette communication familièrequi introduirait peu à peu le besoin de la société.Comme leur pays nest pas susceptible dunegrande culture, le meilleur moyen de hâter leurcivilisation serait dy transporter les quadrupèdesque peut nourrir lîle , par exemple des cochonset des chèvres; les chèvres réussiraient très-biendans cette contrée sèche.

» La simplicité des insulaires doit régner aussidans le gouvernement :Tea-Bouma, chef du dis-trict opposé à notre mouiiîage, vivait comme lereste de ses compatriotes : ils ne lui donnaientaucune marque extérieure de déference, et laseule chose qui annonçât quelques égards do