OCEANIE.—NOUVELLE-CALEDONIE.
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dental l’année précédente ; puis il quitta cet ar-chipel.
Depuis Cook et d’Enlrecasteaux, nulle recon-naissance authentique ne semble avoir été faitesur la Nouvelle-Calédonie . On sait seulementqu’en 179-3 le capitaine Kent du Buffalo décou-vrit, à travers les brisans de la partie S. O.,un excellent havre dans lequel il séjourna sixseniain s, et qu’il nomma Purl Saint-Vincent.Il y fut abondamment pourvu, par les insu-laires, de cannes à sucre, d’ignames et de pois-sons qu’ils échangeaient contre tout ce qu’onvoulait leur donner. Le drap commun parais-sait leur plaire par-dessus toute autre chose : lefer leur était inconnu; aussi n’en faisaient-ilsaucun de cas.
Quelques géographes avaient exprimé le douteque les immenses brisans qui accompagnent cetteterre dans le nord sc terminassent effectivementau point où d’Entrecasteaux les quitta. Le capi-taine d’Urvdle , en 1827 , résolut celte ques-tion ; il constata qu’au lieu de se prolonger auN-, les brisans forment au contraire, sur ce peint,un petit arc concave , où l'Astrolabe , entraînéepar des courans viole-ns, faillit trouver sa pei te.
En se résumant sur la Nouvelle-Calédonie , ilfaut dire qu’elle forme une île de deux centsmilles environ de longueur du S. E. au N. O-,sur une largeur presqu’uniforme de vingt-cinq àtrente milles, de manière à figurer sur la. carteun long boyau, ou bien une sorte d’holothurie.Une chaîne de montagnes fort élevées la traversedans toute sa longueur. Dans toute la partie duvent ou du N. E., ses brisans s’étendent, en gé-néral, peu loin de la côte; mais, sur toute la bandedu vent, ils forment une barrière continuelle,souvent éloignée de huit ou dix milles du rivage.Ces brisans s’étendent jusqu’à trente milles aularge de la pointe méridionale, et, dans la partieseptentrionale, ils forment une sorte de pro-longement d’environ cent soixante milles delongueur , sur lequel sont disséminées quelquespetites îl-s basses et peuplées, que Cook et d’En-trecasteaux nommèrent Balabea, Moulin, Re-connaissance, Surprise etHuon. Les plus gran-des n’ont guère plus de six milles d’étendue ;mais à trente milles au S. E. de la pointe S.,gît l’ile des Pins, terre haute, bien peupléeet boisée, ayant au moins trente milles de cir-cuit. L’ile de la Nouvelle-Calédonie propre-ment dite s’étend du 20° 10’ au 22° 30’ lat. S.et du 1G!° 39’ au 164° 32’ E. ; mais si l’onentend parler de l’archipel entier avec tous sesbrisans, scs limites seront en latitude 17°63’ et
T. IL
23° 4’S.; en long. 160° 17’, et 16.$o 6’long. E.
Suivant Cook, les habitans de la Nouvelle- Calédonie se rapprochent beaucoup des insulai-res de Tanna, dont il a été question : seulement,le navigateur anglais trouve aux premiers destraits plus réguliers, un air plus agréable. Dureste, ils ont les lèvres épaisses, le nez aplati, leteint très-foncé, et qui le devient davantage en-core par une teinture d’un noir luisant dont ils sefrottent le visage. Leurs cheveux bouclés et fri-sés sont noirs ainsi que leur barbe. Les uns lais-sent croître leur chevelure, pour la rattacher ausommet de la tète ; d’autres n’en laissent croîtrequ’une touffe de chaque côté, qu’ils nouent avecbeaucoupde soin. Quelques-uns enfin, comme lesfemmes, les portent coupés court. Ces naturelssont, en général, d’une taille médiocre et d’unepetite corpulence. Cook et Labillardière en ontpourtant vu qui avaient presque six pieds dehaut; mais c’était des exceptions ( Pl. LII—2).
L’unique vêtement des hommes est un pagneen écorces d’arbres ou en feuilles, et ils em-ploient à cet usage les morceaux d’étoffe etde papier que leur donnent les Européens.Ils ont aussi des nattes grossières, mais qu’ils nesemblent pas employer comme vétemens. Quel-ques chefs portent de grands bonnets noirs, àforme cylindrique , sans fond. Les femmessont couvertes d’une sorte de jupe courte enfibres de bananier, attachée par un cordon au-tour des reins. Les filamens extérieurs de cettejupe sont teints en noir, et garnis de nacrede perle sur le côté droit (Pl. LUI—3.)
Comme ornernens, les deux sexes portentdes pendans d’oreilles en écaille de tortue, et deshracelets en pierres ou en coquillages. Certainesparties de leur corps sont tatouées ; mais les pi-qûres n’en sont point noires. Pour se gratter etse peigner les cheveux, les hommes ont habi-tuellement des peignes fabriqués avec de petitsbâtons fort menus et ajoutés parallèlement lesuns aux autres , comme les peignes des Papous.Ils ont ordinairement des ulcères aux pieds etaux jambes, et Labillardière en vit un grandnombre horriblement maltraités par l’éléphan-tiasis.
Leurs armes sont des casse-têtes , des lances ,des dards et des frondes. Les casse-tèles, généra-lement de deux pieds de long, affectent diversesformes : les uns sont en faux, les autres enforme de hache ordinaire ; ceux ci sont un bat-toir arrondi; ceux-là se terminent par une sortede bec. Tous sont proprement travaillés, sou-vent même ornés de ciselures, comme leurslances et leurs javelots. Les frondes sont delà
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