Band 
[Tome troisième - tome quatrième.]
Seite
842
JPEG-Download
 

Santa ï

S42 GEOGRAPHIE MODERNE

par tout. Ceux qui habitent dans la par-tieSeptentrionale du pais., adorent un très-grand nombre d'Idoles, qu’ilsplacent forthonorablement dans des Oratoires ; & leurportent tous les jours à manger ; en quoije trouve encore une reslemblance en cespeuples avec les Tartares. II y en a quiadorent le Soleil : il y en a aussi qui fontentièrement barbares, &qui paroissent n’a-voir aucune religion, non plus qu’iîs n’ontd’ordre & de forme de gouvernement. 11s’en trouve aussi, qui aiant des Idées plusjustes, croient un DieuSouvcrain, auteurde toutes choses, & qui habite dans le Ciel.Là où les Espagnols font les Maîtres, ils enamènent ordinairementplufieurs àleurRé-ligion, par les foins de leurs Missionnaires,parce qu’ils font, dit-on, fort dociles.

On peut distinguer deux pais, ou deux■Provinces du Nouveau Mexique , où lesEspagnols fe font établis : Le Nouveau Me-xique propre, àiCivola.

I. Le Nouveau Mexique propre est aucœurdu pais. On y remarque

SANTA FE', ou S FOI, la Capita-le, située fur la rivière du Nori; & le lièged’un Evêque, Suffragant de Mexique, d’unGouverneur , & d’une Audience roiale.Les maisons y font bien bâties, de bonnespierres dé taillé; & quelques-unes élevéesde quatreàcinq étages. Elles font demô-me dans les autres villes 5 c à la Campagne.

II. Civola, ou Cibola , ou Sibolla, est unpetit païs, à qui quelques-uns donnent aussile nom de Nouvelle Grenade. On y void

GRENADE NOUVELLE, la Capi-tale, qui est une bonne ville marchande.

ACOMA & PER 1 LLO , deux villesmédiocres, mais bien peuplées.

Dépendances du Nouveau Mexique,QUIVIRA,CALIFORNIE &ANIAN.

Qjùvìra , la Californie & A ni an sont troispais presque inconnus, qu’on peut regardercomme des appartenances, ou, si l’on veut,.comme des parties du Nouveau Mexique ; &comme uous n’avons presque rienàcndire,mous n’en saisons qu’un article.

I. Le païs de Qiúvira est au Nord du Nou-veau Mexique , & touche la Louisiane à l’O-.rient ; mats on ignore ses bornes à l’Occi-’dent) aussi bien qu’au Nord.

ParT. IV. DE L’AMERIQUE.

II. Quant à la Californie , qui est cettegrande étendue de terre, qui est àl’Occi-dent de 1 ' Amerìque Septentrionale, dont elleest séparée parla Mer Vermeille-, on along-tems douté si c’stoit une Ile ou une Fres-quiste. Sur la fin du dernier Siécle on a cruque c’étoit une Ile., & tous les Géographes,en ont parlé fur ce ton-là. Cependant iln’y avoit aucun voiageur qui en eut fait letour ; & au commencement de ce siécle leP. Hennepin Recolles & Missionnaire, quia publié la relation de ses volages, nous aapris , qu’après avoir examiné cette affaireavec toute rexactitude possible, il s’est con-vaincu que la Californie n’est point une Ile*mais seulement une Fresquiste, attachée auContinent de 1 'Amerique Septentrionale , parla partie du Nord, qui est encore incon-nue. Elle 3450. lieues de long, duNord-Ouest au Sud-Est,& iyo. dans fa plus gran-de largeur.

François Draak Anglois reconnut les Cô-tes de la Californie , l’an 1582. & s’avançajusqu’à la pointe la plus Septentrionale, àlaquelle il donna le nom de Nouvelle Al-bion-, mais il n’y lailla aucune Colonie, &le froid l’en chasta bientôt. L’air y est fortsain, mais extremement froid; ce qui estsurprenant, vû qu’elle est entre le23. &le43. degré de latitude. C’est, je pense, laraison, pourquoi les Européens ne se sontpas souciez d’y faire des établistemens.Aussi ne fait on guères ni les mœurs, nila religion des habitait s, ni la forme deleur gouvernement ; ni la qualité du ter-roir. On peut présumer, que tout y est àpeu près fur le même pié , que dans leNouveau- Mexique.

■Le grand Golfe qui sépare la Californiedu Continent de Y Amérique , qu’on a crûlongtems un Détroit, est abondant en per-les. C’est là qu’on pêche les perles lesplus précieuses du monde.

III. Anian , selon quelques-uns, est ungrand Roiaume , qui d’un côté touche lepaïs de Hpivira , & de l’autre est séparé deVAJìepzx un Détroit, qui porte aussi le nomd’Anian. Mais les nouvelles relations, nous

aprennettt qu’il n y a point là de Roiaume:que tout ce païs est habité par des peuplesentièrement sauvages, dont la plu spart vi-vent fans aucune forme de gouvernement,à fans réligion : qu’il y en a quelques uns

qui