Rivières.
L’Ale.
■Terroir.
Habicans.
8,44 GEOGRAPHIE MODERNE. Part.IV. DE L"AMERIQUE.
Et Fan 1564. le même Amiral y envoïaRené Laudonniére Gentilhomme de Poitou,qui y bâtit le Fort de la Caroline. Mais lesguerres Civiles de France ne permirent pasatu François de s’y fortifier. Les EspagnolsJesen chaíTérent environ Fan iyóy cts’yé-tablirent ; & François Draak Anglois en chas-sa les Espagnols, Fan 1585. à leur prit laplace nommée S. Augustin ; mais il ne fitque palier, & les Espagnols s’y rétablirent.Cependant ils n’y ontfaitque peu d’éublis-sement; & ce qu’íls y possèdent elì peuconsidérable.
Les principales rivières de ce pais là, fontcelle
De Mijsisfipi, ou Mesçhasipi , qui vient dela Eo'mstcine , & entrant dans la Horide , lalave dans fa largeur du.Nord anSud, &sejette dans le Golfe du Mexique ; après un<ours de óyo. lieues, à compter dès fasource:
Del Morte, ou d u Mort, qui vient d u Nou-veau Mexique : & fe .jette dans le mêmeGolfe:
Dc Mai , qui coule du Nord-Ouest auSud-Est, & fe jette dans la Mer du Nord.Elle roule de For & de l’argent dans sonfable.
L’air de la Floride est temperé & fort sain.Il y tombe de groífes rosées, qui en ar'ro-roiànt la terre, temperent ainfi la chaleurde Fair.
Le terroir y est fertile, & l’on y recueil-le deux moillòns par an. O11 y terne dumaïs en Mars & l’on moissonne en Juin;on lème une seconde fois eu Juillet, &l’on moissonne en Octobre. On n’y fumepoint .les terres; on ne fait que brûler lesherbes & le chaume du maïs après la ré-colté. On y void plulìeurs espèces diffé-rentes de bons fruits, d’animaux à quatrepkz & d’oiseaux ; ct l’on pêche de bonspoissons dans les rivières. Mais il s’y trou-ve aussi des Crocodiles & de gros Serpens,qui dévorent les hommes. 11 y a des mi-nes d’or & d’argent dans les montagnesqp’on appelle á'Apalacbe' ; & il n’en fautd’autre preuv,e,queJes paillettes de ces mé-taux, qu’on trouvedans la rivière de Mai,laquelle tire fa source de ces montagnes.Jvlajs les sauvages les cachent.
Ces sauvages font de grande taille,ct na-turellement blancs ; mais comme ils ne
connoissent point l’ufage des habits, ils fefrottent, pour fe garentir du froid, d’uncertain onguent, qui leur donne une cou-leur jaunâtre ou olivâtre. 11s fe peignentle corps de diverses couleurs, ct vont à.peu près tout nûs, n’aiant qu’un bonnetfur la tête, & une peau de cerf à la ceintu-re pour couvrir les parties, que la pudeurordonne de cacher. Ils aiment la guerre,
& leurs armes fout l’arcct la flèche, la mas-sue ct le bouclier. Us font assez de boncommerce avec ceux ^vec qui ils fonteu paix; mais ils font cruels, farouches &implacables envers leurs ennemis, & man-gent tous ceux qu’íls prennent à la guerre ,après leur avoir fait souffrir les tourmensles - plus cruels. L’adultère est puni de mortparmi eux, & l’on coupe la gorge à ceuxqui s’en rendent coupables.
11s font idolâtres, ct adorent le Soleil ,Rélî£íon.& la Lune; & la maniéré de les adorer, c’estde dancer & de sauter devant ces Astres.
Dans quelquesendroits ils adorent le Dia-ble, qui, s'il en faut croire les Relations,fe fait voir à eux dans une forme corporel-le : quand il vient vers les adorateurs, &qu’il a soif, ils répandent du sang humainpour le déíàlterer. Quelques-uns en cer-tains teins de Fan née offrent au Soleil une -peau de cerf aprêtée avec quelques herbes;
& y taillent Je bois. auquelils pendent desbouquets de roses , & toutes fortes d’ex-celiens fruits; après quoi ils invoquent leSoleil , & le prient de leur donner Fan-née prochaine les mêmes fruits qu’il leur adonnés cette année. Ce qu’il y a de plushorrible dans leur Religion, la Reine dapais, ou , ce qui est la même chose, lafemme du premier Capitaine de ces peuplesfait assommer le premier enfant qu’elle merau monde, & en fait un sacrifice à les Ido-les, comme d’une précieuse & excellenteprémice. Quaud ils vont à la guerre, &qu’ils découvrent leurs ennemis, >°!s rou-lent les yeux d’une maniéré effroiable, ilsprésentent d e seau à leur Chet en grinçantdes dents, ctfetrapent les jambes avec descris & des hurlemens affreux. Leur grandChef & chacun des Chefs subalternes fçtourne alors vers son idole; invoquant,l’un, le Soleil, ou la Lune, ctunautrele-Diable ; & répand lu r les soldats un seaud’eau, priant ses Dieux, de lui donner du
secours