Chap. IV. DE LA FLORIDE.
secours pour combatre 'heureusement &pour pouvoir répandre le sang de ses en-nemis , comme il a répandu cette eau. ilsjettent aulïì des peaux de bêtes dans !e feu,& prient qu’ils puisent de même jetterdans le feu la peau de leurs ennemis, aprèsles avoir écorchez. Ils ont des Prêtres,qu’ils appellent Joanas , pour lesquels ilsont beaucoup de respect. Ces Prêtres fontdes espèces de Sorciers & de Magiciens, quifont métier de conjurer le Diable, & deprédire l’avenir. Quand l’armée est ran-gée en bataille, ces Prêtres s’asseientíur unbouclier; & tracent un grand cercle avecde certaines marques, en criant & hurlantd’une maniéré horrible.& roulant les yeuxà faire peur ; après quoi ils annoncent àleurs Chefs le nombre de leurs ennemis.Ces Prêtres leur fervent encore de Méde-cins & de Chirurgiens ; & quand ces sauva-ges font malades, ils fe font succer l’en-droit où ils ont mal, jufqu’à ce que le sangen forte.
ils ont plusieurs Chefs, qu’ils nommenten leur langue ParaouJUs. Entre ces Chefsil y eu a un qui est au-de-stus des autres,tellement qu’ilest comme le Roi de la Na-tion. Il marche ordinairement avec pom-pe & avec une fort grande fuite.
Les Floridiens políëdeut la plus grandepartie de leur païs. Les Européens y ontpeu de choses. Ceux qui y ont fait quel-ques établistemens font les François, les E-Jpagnols, & les Anglais,
I. Habitations Françaises dans la Floride.
Les François , après s’être laissé chasserde la Caroline , qui est la partie Orientalede la Floride , ont entrepris dans ces der-niers teins de faire des établissetnens dansla partieMcridionaleduinêmepaïs. Quel-ques voiagcurs de cettéNation ont décen-du le grand ÛemeMiJsiJsipi depuis la Loui-siane jufqu’à son embouchure dans le Gol-fe du Mexique. Les Relations nous ontapris , que vers le commencement de ceSiécle M. D'Ibervillc est allé par ordre dufeu Roi de France faire des établistèmensdans ce pais-]à. Il a reconnu principale-ment les parties qui aprochent le plus dela mer. II y a fait construire deux sorts,celui de Mljfjfipi, au bord du fleuve de ceuom, & au aelfus de son embouchure, &
celui de Bìlocthi à l’Orient de l’autre, furle rivage de la Mer : Enfin il y a jette lesfondemens d’une ville,à laquelleiI adoa-aié le nom de Ea Mobile .
11. Etablijfemens des Espagnols dans laFloride.
Les Espagnols íe sont établis particuliè-rement dans la côte Orientale de la pres-qu’île de la Floride ,, fur le Canal de Baha-ma , vis-à-vis des Iles Lv.caìes. Ils y ontemr’autres trois bonnes Places.
S. AUGUSTIN, est une bonne For-teresse avec un bon port fur le Canal deBahama, par où les Vaisseau X Espagnols fontsouvent obligez de passer", quand ils revien-nent en Europe.
S. MATTHIEU, au Nord de la pré-cédente, est une belle ville, bien fortifiée,& défendue par un bon Château.
S. PIERRE est une autre forteresse, bienpourvue de tour.
III. Etablijfemens des Anglais dans la partiede la Floride , qu'on nomme CARO-LINE.
Les Anglais possèdent la Caroline , aaNord des Habitations Espagnoles , & y ontfait des établistemens considérables.
La Caroline est une portion assez consi-dérable de la Floride , étendue en long furla Mer duNord; entre leSud-OnëstÓt leNord-Eil, jufqu’aux frontières de la Vir-ginie. Cette Province, ( car on peut l’ap-peller ainsi) a tiré son nom, d’un Fort queles François y avoient bâti Pan iyóq ou se-lon des autres 15-62. & auxquels ils avoientdonné ce nom à l’honneurde leurRoi Char-les IX. Car François Ribaud y aborda , y bâ-tit ce Fort de la Caroline fur la rivière deMai,élût alliance avec les sauvages de cesquartiers. Remplid’efpcrancepour ce nou-vel établissement, il retourna en Europe,où malheureusement les guerres civiles quiagitoient alors la France ne permirent pasà la cour de lui accorder les secours qu’iídemandoit. Cela difera son retour. Sacolonie s'ímpatiema de l’atteudre» & tar-dant trop d’avoir de ses Nouvelles ceuxqu il avoit laiilez a la Caroline fe révoltè-rent ,bâtirent un navire comme ils purent,
& aimèrent mieux s’expoíer aux risques dela mer que de demeurer dans un pais qù
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