g s o GEOGRAPHIE MODERNE Part. IV. DE L’AMERIQUE.
dant toutes les perfections , vivant íanssouci, dans le plaitìr, & dans un parfaitbonheur: Mais qu’òu ae lui rendoitaucunculte, parce que les biens procedent de.Iuînaturellement & indifféremment, coulantfur tous les hommes fans distinction : &que Dieu ne s’embarralloit point des Mai-res impertinentes des hommes : Qu’il leurpermettoit de faire tout ce qu’ils vouloient,& de se pourvoir autant qu’ils pouvoient,des biens qui procedoienr de lui: Qu’il é-toit donc inutile de le craindre ou de l'ado-rer. Il lui avoua encore qu’iis adoroientle Diable, parce qu’étam méchant,il leurraviroit les biens qui venoient de Dieu ,&& les rendroit malheureux, s'ils ne Pap-paisoient par leurs hommages & par leursSacrifices : Qu’il fe meloít beaucoup deleurs affaires; qu’il ksvilìtoit souvent, &qu’il étoit présent dans Pair, dans les ton-nerres & dans les tempêtes. Ex commel’Auteur lui eut demandé pourquoi ils ado-roient une Image, qui n’éroit qu’un troncinsensible & mort, couvert d’un paquetd’habits, &c. VIndien eut de la peine à ré-pondre, & ne le át que par des mots en-trecoupez, faisant entendre, qu’il regar.doit cela comme une fourberie de leursPrêtres, qui abufoient de la simplicité deleurs peuples. Effectivement ces peuplesfont extremement superstitieux & adonnezà Pldolatrie.
Ils ont des Prêtres ;& une certaine espè-ce d’Exorcistes, qui ont beaucoup de cré-dit parmi eux; tellement que leurs parolesfont regardées comme des Oracles. 11 sleur enseignent qu’il y a plusieurs Dieux,& que chaque ville même a fa Divinité cu-telaire : & que ces Dieux íbnt Inférieursà un autre, grand & Tout-puissant qui atoujours été. Ils ont des Autels où ils sa-crifient; & ils chantent & prient pour lesmorts. Et atinde s’attirer tant plus l’estime & la vénération, ces fourbes sont leurservice divin & leurs exorcífmes, en tineLangue, qui n’est pas généralement en-tendue, à peu près comme les Prêtres Ca-tholiques Re, ma i ns fout leur Melic en La-tin. Ils croient l’immortalité de l’Ame,& une vie avenir : lis disent, qu’apròs lemort les âmes des gens dé bien vont auCiel ; mais celles des méchans dans ungrand trou, qu’ils appellent Bopog«j]o 9
(qu’ils croient être bien loin vers le Cou-chant ) pour y brûler toujours.
Leurs Prêtres íbnt leurs Médecins ; maisils ne fonc part de la connoillance qu’ils-ont de la verne des Simples,qu’à ceux quidoivent leur succéder. Leur plus grandretnede , est de faire fuër. Après qu’ilsont sué à n'en pouvoir pi us, ct étant encoretout eu sueur, ils se plongent dans del’eaufroide pour fermer les pores, & pour pré-venir le rhume.
Les Anglais habitues dans la Virginie onttravaillé à convertir ces peuples idolâtres,& leur zélé s’étanf ranimé particulièrementdepuis la grande & heureuse révolution,qui mit Guillaume III. & Marte sur le diro-nt de la Gr. Bretagne, leurs travaux ontété suivis d'heureux succès. Us ont taittraduire & imprimer la Bible à Londres z uLangue Vtrgmïenne , & la première Edyianai an t été débitée, ils en ont fait une se-conde à Capitale de la Nouvelle An-
gleterre Pan 1.700 Par ce moiea ils ont 3-mené grand nornore de Sauvages à la foi,.& dès Pan 1700. leurs Prosélytes ont en-volé leurs enfans à P Université de idVsl-liarnsbourg pour y être élevez & instruits enla conaoislance del’Evangíle. On a mêmeapris cette Circonstance remarquable parles Relations de la même année, quel’U-niverlìté s’augmentoic tous les jours par legrand nombre d 'Indiens qui y 3 íloient étu-dier : & que plulìeurs d’entr’eux aiant prisgoût aux véritez de l’Evangile, font re-tournez chez eux pour prêcner l’Evangileà leurs Compatriotes..
Je me fuis un peu étendu fur la Virginie,tant parce que j’en ai trouvé une Descri-ption exacte faite par un Auteur natif dupais, fur laquelle ou peut faire fonds,comme aussi parce que les choses font à peuprès fur le même pié dans les autres Ca/a-nie s Anglaises, de P Amérique ; tellemennqu’ilne íera pas néceíìàire de s’étendre £m lesautres.
S.E C T 1 O N II.
. Le MARILAND.
Le Marifoyd est au Nord de la Virginie »■dont il faifoit autrefois partie. 11 en estséparé en partie par lari-viére de Paiommek,
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