Band 
[Tome troisième - tome quatrième.]
Seite
870
JPEG-Download
 

iìomts.

Ecsnditë.

roìccs.

Ii’Aír.

ïctfoir.

870 GEOGRAPHIE MODERNE. Part. IV. DE L’AMERIQUE.

ction du hazard. Les premiers Espagnols ,qui abordèrent dans ce pais-là, aianr trou-vé un lndien ì lui demandèrent par signesquel étoit ce pai's-là. Ulndien , qui necomprenois rien ni à leur langage , ni àleurs lignes, s’imaginantqu’ils luideman-doíent son nom, leur dit Pelou Berou\ &de ces deux mots confondus ou mal-euten-dus, les Espagnols firent le nom d ePerou.Les anciens habîtans l’appelloient Tahan-tijuio, ce qui signifie les quatre .parties dumonde.

Quoi qu’il en soit, le Pérou est borneau Nord par le Popaian , à l’Orient par lepais de s Amazones , au Midi par le h bill ,& à v l’Occident par la Mer d u Sud.

Sa longueur est de sept cens lieues duNord au Sud, & fa largeur de l’Orient àl’Occident,esi en quelques endroits de centlieues, & en d’autres elle va juíqu’à prèsde deux cens.

Dans toute l’étenduë du Roiaume onpeut mettre fur pié cent mille hommesd’Infanterie, & 20.mille chevaux.

Comme le pais est travcrlé de hautesmontagnes, aussi l’air y est fort diffèrent.Dans leplat-païs, qui est le pars maritime,l'air est extremement chaud & sec, & iln’y pleut jamais. Mais dans les monta-gnes on sent quelques fois de grands froids,à cause des vents violens qui y règnent.

Le terroir y est extreniément sec ; 011 yvoid fort peu de rivières, deux ou trois pe-tits Lacs, il ne s’y trouve ni fontaines nipuits, & l’on est contraint d’ufer de cer-taines eaux croupies, qui, comme on peutjuger, ne font pas des meilleures. Entreles rivières & les lacsfqui s’y trouvent ,il y en a dont le fond est de sel, quoi queleur eau soit douce. On y void aussi quel-ques sources d’eau chaude.

Le Perou est extremément sujet atixtremblemens de terre; & il y en a eu, se-lon Acofta , qu’on a senti depuis Chili jus-ques à Quito , c’est-à-dire, la longueur decinq cent lieues. L’an 1522. il y en eutun qui fit tomber la ville d 'Arequipa , &1 an 1633. st s’y en fit un autre, si furieux,que la ville de Truxillo en fut abîmée.

A juger du Pérou par ces endroits-là, ilsemble qu’il est bien malheureux, & quetous les hommes devroient le fuir. Maisles riches métaux, dont il abonde, feront

toujours un aimant bien puistant pour y at-tirer nombre d’habitans. Car , outre lsfroment, le vin, le coton, & les cannesde sucre, que le terroir produit abondam-ment; outre la grande quantité de bestiauxqu’on y nourrit , & particulièrement degros moutons, aussi bien que d’autruches,qui fervent de bêtes de voiture; c’est dansce pais là que se trouvent ces riches minesd’or & d’argent, si fameuses aujourd’huipar tout le monde ; pour ne rien dire desautres minéraux, qui s’y trouvent, & quiproduisent aussi de gros revenus. C’estlàque font les montagnes de Potofi & de laPlata , où les Espagnols ont trouvé unthrésor inépuisable.

Lors que les Espagnols découvrirent ce Histo ; re-païs-là, l’an 1527. il étoit gouverné pardeux Rois, frères, Attahnalpa & Ttitocujfs,ou, Quasar, décendus d’une longue sui-te de Rois , qui y avoient régné environ300. ans: dont voici la liste:

1. Mango Capac fondateur de la Monar-chie, mort environ l’an 1240. & qui régns40. ans.

2. Sinçhi-rocha , régna 30. ans.

3. Lioque Yupanqui.

4. Mayto Capa. 30. ans.

y. Capa Yupanqui.

6 . Ynca Roca.

7. Yabuarbuacac , c. d. pleure sang.

8. Pira cocha. f O. ans.

9. Pachacutec. yo. ans.

10. Yupanqui.

11. TapacYnpanqui.

12. Guaina Capa , mort l’an ifrz.

13. Attahualpa , nommé communémentAttahalippa , & 'Tittocujsi , ou , Guascar ,frères.

Ces deux frères étant divisez, les Espa-gnols surent habilement profiter de leur di-vision, pour s’emparer de tout leur pais,l’an if29. Attahualpa fut pris par les Espa-gnols', il leur offrit une chambre pleine d’orpour’fa rançon ; au cas qu’ils voulussentlui rendre la liberté & la Couronne. Ilsacceptèrent la condition ; >1 leur tînt pa-role; mais cela ne ter vit qu’à exciter en-core plus leur avarice, & leur envie d’êtremaîtres du pais; c est pourquoi ils lesirentmourir ; & depuis ce tems-là ils ont posle-dé tranquillement le Perou.

Si l’on en doit croire Gardlafo de laVe -