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Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / ouvrage posthume de Condorcet
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Les relations plus frequentes, plus durables avecles memes individus, lidentité'de leurs interets ; lessecours mutuels quils se donnoient, soit dans deschasses communes, soit pour résister à un ennemi,ont du produire egalement et le sentiment de la jus-tice et une affection mutuelle entre les membres de lasociété! Bientôt cette affection sest transformée enattachement pour la socie'te elle-même.

Une haine violente, un inextinguible désir devengeance contre les ennemis de la peuplade, en de-venoient la conséquence ne'cessaire.

Le besoin dun chef, afin de pouvoir agir encommun, soit pour se défendre, soit pour se procu-rer avec moins de peine une subsistance" plus assuréeet plus abondante, introduisit dans ces sociétés lespremières idées dune autorité publique. Dans lescirconstances la peuplade entière etoit intéressée, elle devoit prendre une résolution commune, tousceux qui avoient à lexécuter dévoient être consultés.La foiblesse des femmes, qui les excluoit des chasseséloignées et de la guerre, objets ordinaires de ces de'-libérations, les en fit éloigner également. Commeces résolutions exigeoient de l'expérience, on ny ad-mettoit que ceux à qui lon pouvoit en suppofer.Les querelles qui sclevoient dans le sein dune mêmesociété en troubloient lharmonie; elles auraient pu détruire: il etoit naturel de convenir que la déci-sion en serait remise à ceux qui, par leur âge* par