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pides ou hypocrites instrumens n’existeront plus quedans l’histoire et sur les théâtres ; où l’on ne s’en oc-cupera plus que pour plaindre leurs victimes et leursdupes, pour s'entretenir, par l’horreur de leurs ex-cès, dans une utile vigilance, pour savoir reconnoî-tre et etoufïer, sous le poids de la raison, les pre-miers germes de la superstition et de la tyrannie, sijamais ils osoient reparoître.
En parcourant l’histoire des sociétés, nous au-rons eu l’occasion de faire voir que souvent il existeun grand intervalle entre les droits que la loi recon-nott dans les citoyens, et les droits dont ils ont unejouissance réelle; entre l’égalité qui est établie parles institutions politiques, et celle qui exis e entie lesindividus: nous aurons fait remarquer que cette dif-férence a été une des principales causes de la destruc-tion de la liberté dans les républiques anciennes, desorages qui les ont troublées, de la loiblesse qui lesa livrées à des tyrans étrangers.
Ces différences ont trois causes principales: 1’inégalité de richesse, l’inégalité d’état entre celuidont les moyens de subsistance, assurés pour lui -même, se transmettent à sa famille, et celui pourqui ces moyens sont dépendans de la durée de sa vie,ou plutôt de la partie de sa vie où il est capable detravail; enfin, l’inégalité d’instruction.
Il faudra donc montrer que ces trois espèces d’inégalité réelle doivent diminuer continuellement,