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sans pourtant s’anéantir, car elles ont des causes na-turelles et nécessaires, qu’ il seroit absurde et dange-reux de vouloir détruire; et l’on ne pounoit mêmetenter d’en faire disparoître entièrement les effets,sans ouvrit des sources d’inégalité'plus fécondes, sansporter aux droits des hommes des atteintes plus direc*tes et plus funestes.
U est aise de prouver que les fortunes tendentnaturellement à l’égalité, et que leur excessive dispro-portion, ou ne peut exister, ou doit promptementcesser, si les lois civiles n’établissent pas des moyensfactices de les perpétuer et de les reunir; si la libertédu commerce et de l’industrie fait disparoître l’avan-tage que toute loi prohibitive, tout droit ..scal, don-nent à la richesse acquise ; si des impôts sur les con-ventions, les restrictions mires à leur liberté', leur as.sujétissement à des formalités gênantes; enfin, l’in-certitude et les dépenses nécessaires pour en obtenirl’exécution, n’arrêtent pas l’activité' du pauvre, etn’engloutissent pas sesfoibles capitaux, si l’adminis-tration publique n’ouvre point à quelques hommesdes sources abondantes d’opulence, fermées au restedes citoyens; si les préjugés et l’esprit d’avarice, pro-pre à l’âge avancé, ne président point aux mariages;si enfin, par la simplicité des moeurs et la sagesse desinstitutions, les richesses ne sont plus des moyens desatisfaire la vanité' ou l’ambition, sàns que cependantune austérité mal entendue, ne permettant plus d’en
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