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seigner, on peut instruire la masse entière d’un peu-ple, de tout ce que chaque homme a besoin de sa-voir pour l’e'conomie domestique, pour l’administra-tion de ses affaires, pour le libre développement deson industrie et de ses facultés, pour connoître sesdroits, les défendre et les exercer; pour être instruitde ses devoirs, pour pouvoir les bien remplir, pourjuger ses actions et celles des autres, d’après ses pro-pres lumiè es, et n’être étranger à aucun des senti-mens élevés ou délicats qui honorent la nature hu-maine; pour ne point dépendre aveuglément de ceuxà qui il est obligé de confier le soin de ses affaires oul’exercice de ses droits ; pour erre en e'tat de les choi-sir et de les surveiller, pour n’être plus la dupe deces erreurs populaires qui tourmentent la vie de crain-tes superstitieuses et d’espérances chimériques; pourse défendre contre les préjugés avec les seules forcesde sa raison; enfin, pour échapper aux piestiges ducharlatanisme, qui tendrait des pièges à sa fortune,à sa santé’, à la liberté de ses opinions et de sa con-science, sous prétexte de l’enrichir, de le guérir etde le sauver.
Dès-lors, les habitans d’un même pays, n’e-tant plus distingués entre eux par l’usage d’une langueplus grossière ou plus raffinée, pouvant également segouverner par leurs propres lumières, n’étant plusbornés à la connoissance machinale des procédésd’un art et de la routine d’une profession, ne dépen-
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