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ces inexactitudes des langues scientifiques comme desautres obstacles; il reconnoît la vérité maigre cemasque étranger qui la cache ou qui la déguise;mais celui qui ne peut donner! son instruction qu’unpetit nombre d’instans, pourra-1-il acquérir, con-server ces notions les plus simples, si elles sont défi-gurées par un langage inexact? Moins il peut ras-sembler et combiner d’idées, plus il a besoin qu’el-les soient justes, qu’elles soient précises; il ne peuttrouver dans sa propre intelligence, un système devérités qui le défendent contre l’erreur, et son espritqu’il n’a ni fortifié ni raffiné par un long exercice, nepeut saisir les foibles lueurs qui s’échappent, à tra-vers les obscurités, les équivoques d’une langue im-parfaite et vicieuse.
Les hommes ne pourront s’éclairer sur la na-ture et le développement de leurs sentimens moraux,sur les principes de la morale, sur les motifs natu-rels d’y conformer leurs actions, sur les interets, soitcomme individus, soit comme membres d’une so-ciété, sans faire aussi dans la morale pratique desprogrès non moins réels que ceux de la sciencememe. L’intérêt mal entendu n’est-il pas la causela plus fréquente des actions contraires au bien géné-ral? La violence des passions n’est-elle pas souventl’effet d’habitudes, auxquelles on ne s’abandonne quepar un faux calcul, ou de l’ignorance des moyens
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