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Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / ouvrage posthume de Condorcet
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de résister à leurs premiers mouvemens, de les adou-cir', den détourner, den diriger laction.

Lhabitude de réfléchir sur sa propre conduite,dinterroger et découter sur elle sa raison et sa con-science, celle des sentimens doux qui confondentnotre bonheur avec celui des autres, ne sont-ellespas une suite nécessaire de létude de la morale biendirige'e ; dune plus grande égalité' dans les condi-tions du pacte social? Cette conscience de sa digni*te' qui appartient à lhomme libre, une e'ducationfonde'e sur une connoissance approfondie de notreconstitution morale, ne doivent-ellles pas rendrecommuns à presque tous les hommes, ces principesdune justice rigoureuse et pure, ces mouvemenshabituels dune bienveillance active et éclaire'e, dune sensibilité délicate et généreuse, dont la naturea place' le germe dans tous les coeurs, et qui nat-tendent pour sy de'velopper que la douce influencedes lumières et de la liberté? De même que lessciences mathématiques et physiques servent à perfec-tionner les arts employés pour nos besoins les plussimples, nest-il pas également dans lordre néces-saire de la nature, que les progrès des sciences mo-rales et politiques exercent la même action sur lesmotifs qui dirigent nos sentimens et nos actions.

Le perfectionnement des lois, des institutionspubliques, suite des progrès de ces sciences, n a-t-