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de résister à leurs premiers mouvemens, de les adou-cir', d’en détourner, d’en diriger l’action.
L’habitude de réfléchir sur sa propre conduite,d’interroger et d’écouter sur elle sa raison et sa con-science, celle des sentimens doux qui confondentnotre bonheur avec celui des autres, ne sont-ellespas une suite nécessaire de l’étude de la morale biendirige'e ; d’une plus grande égalité' dans les condi-tions du pacte social? Cette conscience de sa digni*te' qui appartient à l’homme libre, une e'ducationfonde'e sur une connoissance approfondie de notreconstitution morale, ne doivent-ellles pas rendrecommuns à presque tous les hommes, ces principesd’une justice rigoureuse et pure, ces mouvemenshabituels d’une bienveillance active et éclaire'e, d’une sensibilité délicate et généreuse, dont la naturea place' le germe dans tous les coeurs, et qui n’at-tendent pour s’y de'velopper que la douce influencedes lumières et de la liberté? De même que lessciences mathématiques et physiques servent à perfec-tionner les arts employés pour nos besoins les plussimples, n’est-il pas également dans l’ordre néces-saire de la nature, que les progrès des sciences mo-rales et politiques exercent la même action sur lesmotifs qui dirigent nos sentimens et nos actions.
Le perfectionnement des lois, des institutionspubliques, suite des progrès de ces sciences, n a-t-