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maigre les nouveaux progrès des sciences, les hom-mes d’un génie .égal, se retrouvent à la même épo-que de leur vie, au niveau de l’état actuel de lascience; mais pour chaque génération ; ce qu’avecune même force de tête, une même attention, onpeut apprendre dans le même espace de temps, s’ac-croîtra nécessairement, et la portion élémentaire dechaque science, celle à laquelle tous les hommespeuvent atteindre, devenant de plus en plus étendue,renfermera d’une manière plus complète ce qu’il peutêtre nécessaire à chacun de savoir, pour se dirigerdans la vie commune, pour exercer sa raison avecune entière indépendance. Dans les sciences poli-tiques, il est un ordre de vérités qui, sur-tout chezles peuples libres, (c’est-à-dire dans quelques geW-rations chez tous les peuples,) ne peuvent être uti-les , que lorsqu’elles sont généralement connues etavouées. Ainsi, l’influence du progrès de ces scien-ces sur la liberté, sur la prospérité des nations, doi*vent en quelque sorte se mesurer, sur le nombre deces vérités, qui, par l’effet d’une instruction élémen-taire, deviennent communes à tous les esprits ainsi,les progrès toujours croissans de cette instruction élé-mentaire , liés eux-mêmes aux progrès nécessaires deces sciences, nous répondent d’une amélioration dansles destinées de l’espèce humaine, qui peut être re-gardée comme indéfinie, puisqu’elle n’a d’autres li-mites que celles de ces progrès mêmes.