Da S y flème de Copernic «
5-5
» tout ainsi qu’on croît souvent immobile un vaisseauo) qui va pourtant à pleines voiles ». ( Sen. queejl. nat.
I. fil. C. 2$ & 26 ).
Le Cardinal Cusa qui écrivoit bien longrtemps avantCopernic , avoit déja compris que nous pouvions très-bien ne pas nous appercevoir du mouvement de laterre , ôt il lui en attribuoit un , quoique d’une maniérépeu astronomique : Jam nobis manifejhtm ejî terrarn ifîamin veritate moveri , licet nobis hoc non apparent , cum nonapprehendimus motum nifi per quandam comparationem adJìxttm : fi enim qttis ignoraret aquam fluere , & ripas nonviderct , exifìens in navi in medio aqitœ , quomodo appré-hender et navem moveri. {De doSia ignorantia. /ib. III.cap. 12).
Des autorités si positives donnerent de la constanceà Copernic , & lui sirent admettre d’abord le mouvementdiurne , ou le mouvement de rotation de la terre fur sonaxe ; ce simple mouvement retranchoit de la physiquedes millions de mouvemens à chaque jour ; la simpli-cité de cette hypothèse sussisoit pour la rendre vrai-semblable , ôc c’cst une véritable démonstration pourcelui qui veut s'affranchir des préjugés de son enfance.
1072. En effet, quand on voit cette concavitéimmense de tout le ciel remplie dune multitude d'é-toiles qui somq toutes à des distances prodigieuses denous, des planètes qui ont toutes des mouvemens con-traires à ce mouvement de tous les jours ; quand onréfléchit à la petitesse de la terre, en comparaison detoutes ces énormes distances, il devient impossible deconcevoir que tout cela puisse tourner à la fois d’unmouvement commun, régulier & constant en 24. heuresde temps, autour d’un atome tel que la terre. Non-seulemcnt le mouvement diurne de tous les astres en24 heures autour de la terre est une chose peu vrai-semblable , j’ose dire qu’elle est absurde, & qu’il fautêtre aveuglé par le préjugé ou l’ignorance pour pou-voir se prêter à cette idée. Toutes ces planètes quifont à des distances si différentes, ôc dont les mouve-