Grandeur & figure de la Terre. 8p
que c’étoit la meilleure manière d’avoir une égalité par-faite entre toutes les toises qu’on présenteroit à cet-étalon.
M. Auzout se servit de cette toise pour y comparerles mesures étrangères qu’il avoit prises fur les originauxdans ses différens voyages ( Ibid. tom. VI, pag. 537).Picard dans fa mesure de la terre, publiée en 1671 ,art. i v. nous avertit que la toise dont il s’est servi dansses opérations, & qu’il a choisie comme la mesure laplus certaine & la plus usitée en France , est celle dugrand Châtelet de Paris, suivant l’original qui en a éténouvellement rétabli ; mais, ajoute-t-il, de peur qu’iln’arrive à notre toise comme à toutes les mesures an-ciennes , dont il ne reste plus que le nom , nous ratta-cherons à un original tiré de la Nature, ôt il parle à cesujet de la longueur du pendule qu’il avoit trouvée de35 pou. 8 lig.7, en y employant la même toise: enfin,il termine cet article en disant. « La longueur de la» toise de Paris & celle du pendule à secondes , telles» que nous les avons établies , seront soigneusement con-servées dans le magnifique observatoire , que Sa Majesté» Fait bâtir pour l’avancement de l’astronomie ». Cepen-dant l’étalon du grand Châtelet, abandonné, pour ainsidire , au public, a été usé & même faussé de manière quedès Tannée 173y , il ne pouvoit plus désigner une me-sure fixe & exacte, ( Mém. 1757 , pag. 354). La toisede M. Picard étoit perdue , la base même qu’il avoitmesurée entre Villejuive ôt Juvisy (264'), n’étoit plus dé-terminée comme autrefois, & Tune de ses extrémités étoitdouteuse , ensorte qu’elle ne pouvoit servir à faire re-trouver la longueur de cette toise. ( Méridienne de Paris ,par M. Caffìni de Tìiury , 1744, pag. 37 ). II est vrai quela longueur du pendule à secondes devoit suffire ; Picardl’avoit trouvée de 36 pouces 8 lig. 7 ; mais il avoit pu seglisser dans cette mesure une erreur d’une millième par-tie ; on n’avoit pas pour lors en vue une précision sisingulière, & il paroît en effet que la toise dont seservit M. Picard étoit plus petite que la nôtre d’environ
Tome III. M