172 ASTRONOMIE, Liv. XVI.
pas que la scintillation des étoiles ne vînt des vapeursqui s’élèvent fans cesse dans l’atmosphère des pays moinssecs. M. de la Condamine a remarqué de môme dansla partie du Pérou, qui est le long de la côte , ouil ne pleut jamais , que la scintillation des étoiles yétoit bien moins sensible que dans nos climats. Cettegrande pureté du ciel en Arabie, fut fans doute autre-fois l’occasion des premières découvertes de Gastrono-mie ( 260 ) , on comprend assez quel avantage un cieltoujours pur & serein a dû donner aux Asiatiques, furle reste du monde. La facilité de voir toujours cespectacle dans toute fa beauté, ou plutôt l’impossibi-lité de ne le pas voir fans cesse a fait de tous les ha-bitans de Bander-Abassi & des environs , comme autantd’astronomes. Les interruptions de sommeil qui doiventy être fréquentes deviennent pour eux la source de milleobservations curieuses & faciles , que nous préparonsen Europe avec des foins pénibles, ôt qu’un ciel in-grat nous enlève : aussi les Gens du peuple savent con-noître quand ils s’éveillent quelle heure il est, par lesétoiles, & connoislent plus ou moins les principalescirconstances de ces mouvemens. Si les talens.fe dévelop-pent , dit M. de Mairan , à mesure qu’il se présenteplus d’occasions de les exercer , ôc s’ils font assez éga-lement répandus fur la totalité du genre humain, com-bien de semblables pays , la Caldée , l’Egypte & l’A-rabie , n’ont-ils pas du produire d’astronomes, lorsqueles sciences, & l’astronomie fur-tout, y étoient en hon-neur ( Hijî . acaâ. 1743 )•