ET DU REFLUX DE LA MER. 81parce que dans la premiere quadrature la lune est fortbasse le soir, ce qui fait la petite marée, & que dans laseconde quadrature elle passe le matin au méridien à unegrande hauteur, comme il est aisé de le voir à l’inspec-tion d’un globe céleste, ce qui fait une grande maréele matin. En hiver la différence est moins sensible qu’enété , & cela vient des vents qui grossissent les marées,Ôc qui font qu’elles participent davantage l’une de l’autre.
Dans les quadratures du printemps, l’excès des maréesdu soir fur celles du matin est moindre qu’en automne,par la même raison.
Cette inégalité des marées consécutives est encore plussensible à Saint-Malo , suivant les Observations de M. leFer de Beauvais, faites en 1775".
92. Cette différence des deux marées consécutives,quoi qu’elle se vérifie par les observations, n’est pas, àbeaucoup près, aussi grande que la théorie l’exigeroit,& c’est ici la plus grande difficulté que la théorieéprouve quand on la compare avec l’observation.Par exemple, le 19 Juin 1712, jour de la pleine lunepérigée, la marée du matin sut observée à Brest de 17pieds un pouce, & celle du soir 18 pieds 2 pouces, plusgrande de 1 ; pouces seulement. Or, la lune avoit 24degrés de déclinaison méridionale ; ainsi elle passoit par leméridien à i8a de hauteur & à 66 de dépression ; ladifférence des carrés des sinus de ces deux arcs est 0,75 ,tandis que le plus grand carré est 0,83 ; ainsi la diffé-rence de ces deux marées devroit être les sept huitièmesde l’effet de la lune, qui est de 1 6 pieds à Brest dans lesgrandes marées qui arrivent au périgée ( art. 6 3 ). On voitque la différence qui s’observe entre deux marées consé-cutives est fort petite , en comparaison de celle qu’ildevroit y avoir suivant la théorie ; elle est ici de 13pouces au lieu de 14 pieds ; elle est encore moindre parle plus grand nombre des autres observations.
Mais, comme dit M. Bernoulli ( pag. 1 66 ) , la plusgrande marée augmente la plus petite , & celle-ci dimi-nue l’-autre ; de forte qu’elles font beaucoup moins iné-Tome IV. L