ET DES FABLES. z8^
ils étoient eux-mêmes obligés de comparer celles qu’ilsfaisoient habituellement ; Us avoient l’idée d’une périodequi ramenoit les fixes & toute la sphere à un certainpoint d’où tout étoit parti ; car nous avons vu plus hautqu’ils fixoient l’origine des choses à la Balance, qui, dansnotre système, étoit le premier signe de l’équinoxe deprintemps, à l’époque où nous fixons l’invention primi-tive de la sphere.
Supposé 'qu’ils connussent par tradition le point d’oùpartoit la grande révolution des fixes, c’est-à-dire, icil’époque de l’invention de leur Zodiaque , ils dévoient né-cessairement conserver ce Zodiaque dans son état primitif,pour entendre les Observateurs qui les avoient précédés,ôc pour être entendus eux-mêmes des âges suivans ; pourconnoître quand la période seroit achevée, ôt rectifier lespériodes particulières liées à la grande. Créateurs del’Astronomie, & dépositaires de la clef de ces symboles,ils les ont souvent chargés de nouveaux caractères, suivantle besoin & le génie des dissérens âges ; mais fans altérerle sens primitif; 6c de maniéré que les caractères dupremier Zodiaque fissent toujours la base principale desnouveaux emblèmes. II n’en a pas été de même de ceuxà qui ils ont transmis leur Astronomie , fans leur com-muniquer leur génie. Ceux-ci ont gardé le Zodiaque dansl’état qu’ils l’ont reçu fans y rien changer : ainsi nousavons nous-mêmes conservé encore aujourd’hui les an-ciennes dénominations ; ce qui a donné lieu à deux espècesde Zodiaques, lu n par signes , l’autre par Constellations ;& l’on distingue le signe du Bélier, de la Constellationdu Bélier , qui autrefois n’étoit qu’une même chose.Nous disons, le soleil entre au signe du Bélier , quoi-qu’il ne soit qu’aux premiers degrés de la Constellationdes Poissons. On sent parfaitement que si nous avionsreçu notre Astronomie, lorsque l’équinoxe étoit au Tau-reau , nous dirions encore le jour de l’équinoxe, le soleilentre au Taureau.
Tes Perses, qui autrefois se servoíent des lettres deVAlphabet pour caractères numériques, marquent encore
Tome IV. C c c