ET DES FABLES. 4.25ôc de Vénus ne peuvent s’expliquer que par les appa-rences célestes ; donc ces Divinités font elles-mêmes aunombre des corps célestes ; ôc par une conséquence asseznaturelle , on y doit trouver aussi les autres Dieux aveclesquels Mars ôc Vénus figurent dans les anciens Poëmes,ôc avec lesquels ils ont une filiation commune. Aulîlvoyons-nous que toutes les fois qu’Hésiode parle des Dieuxdans fa Théogonie, il nous dit qu’ils font les en fans duciel étoilé. « Chantez , dit-il , ô Muses, les Dieux im-» mortels, enfans de la terre 6c du ciel étoilé, nés du» sein de la nuit, 6c alimentés par les eaux de l’Océan »(Hcfiod. Tkeog. v. 105 ). Est-il poíïible de mieux carac-tériser la génération de pareilles Divinités, que de lesfaire naître ôc fe nourrir au sein même de ì’élément,duquel le soleil ôc tous les astres semblent sortir chaquejour , ôc d’appeller ce s Dieux étoiles les enfans de la nuit ?N’est-ce pas dire clairement : les Dieux que je vais chanter ,& dont je donne la Théogonie , font des ajlres. En effet ,on en remarque plusieurs qui ne font évidemment quele soleil ôc la lune, unis à des idées allégoriques fur lesfaisons. On y volt Crios , au nombre des fils d’Uranusou du ciel ; celui-ci eut pour fils , suivant Apollodore(Liv. I), Astérus, qui ayant épousé sa cousine Aurore,fut pere des Astres ôc des vents ; tout le reste est dumême genre, ôc bien des Auteurs l’ont soupçonné , sanspouvoir le prouver, comme je crois être en état de lefaire par le secours de l’Astronomie.
On a dit souvent que les prétendues absurdités de laThéologie ôc de la Mythologie des anciens n’étoient quedes allégories ; mais personne n’a employé la clef astrono-mique , ôc la Théorie des levers ôc des couchers d’étoiles,ôc le passage du soleil dans les différentes Constellations,pour expliquer les monumens, les symboles simples oucomposés des Divinités , ôc les Fables de l’antiquité ; ilfalloit, sur tout pour cela, faire usage de la préceffon deséquinoxes, qui déplaçant tout, ôc changeant les aspectsdes cieux, a dû varier les allusions, multiplier les génies,ôc changer les caractères de récriture hiéroglyphique.Tome IV . H h h