'428 ORIGINE DES CONSTELLATIONS
temps , à Saïs : « je fuis tout ce qui a été , tout ce quï» est & tout ce qui fera, ôc nul mortel n’a encore percé» le voile qui me couvre » {Plut. de Jfide). Le restedes erreurs que nous leur supposons est le fruit de l’Lgnorance de ceux qui ont mal compris le sens de leurssavans symboles. Jamais les sages Egyptiens ne remirent letonnerre dans les serres d’un Epervier, 6c ne crurent quel’Univers fut l’ouvrage du Bouc adoré à Mendès. Trans-portons-nous, pour les juger, dans ces siécles éclairés, oùfîeurissoient les sciences ôc tous les arts, où l’on élevoitdes monumens immortels à l’ame motrice de l’Univers,au génie du grand tout, aux intelligences qui p'résidoientà la terre, au soleil, à la lune, aux Constellations ôt auxélémens ; où le ciseau du sculpteur 6c le pinceau du peintres’exerçoient à l’envi à retracer toute la nature, dont leprêtre astronome chantoit les opérations dans les hymnessacrées. Nous verrons l’Astronomie auíîi nécessairementunie à la religion, que l’ame du monde l’étoit au cieldes fixes 6c aux autres sphères, par Je moyen desquelleselle sembloit agir sur les corps sublunaires, ôc concourirà la végétation ôc à l’organisation de la matière. Nousverrons l’Astronomie fournir les principaux caractères del’écriture hiéroglyphique, donner naissance à des fablesingénieuses , 6c le culte des animaux se réduire à dessymboles vivans des Constellations , qui, par leur leverou leur coucher , leur conjonction ou leur oppositionavec le soleil ôc la lune , annonçoient à l’homme lamarche progressive de l’ame du monde dans le premiermobile, ôc dans le Zodiaque où résidoit, 6c étoit censéeagir la premiere cause du monde visible. Nous y verronsla marche du principe de la végétation ôc celle du temps ;l’étatdu ciel 6c du Nil, 6c l’infiuence de l’un ôc de l’autrefur la terre. Nous verrons ensuite l’ignorance répandreses ténèbres fur le dépôt des connoissances sacrées ; lesanimaux symboliques devenir des divinités réelles, lesstatues formées de l’assemblage des caractères astronomi-ques être regardées comme des monstres, des allégoriesagréables répétées 6c méprisées en même temps comme