ET DES FABLES. 5,5
îes clefs des générations, représente à Jupiter les miseresde l’homme. Ce Dieu promet à la terre la naissance deson fils, qui doit y apporter une liqueur aussi douce quele nectar des Dieux. L’Univers, dit ce Dieu, chanterases présens ; vainqueur des Céans ôc des Indiens , ilbrillera dans les astres, ôc lancera la foudre avec moi( Liv. VII, vers. 97 ). Bientôt ce Dieu apperçoit la filled’Harmonie, la jeune Sémele, au bain : il en devientamoureux, ôc la rend mere de Bacchus. Cette amanteimprudente, victime des conseils perfides de Junon, dé-lire voir le maître des Dieux dans toute fa gloire, ôcpérit au milieu des feux de la foudre. Le jeune Bacchusaux cornes de Bœuf (Liv. IX, vers. 15 ôc 27), estconfié aux soins des Nymphes des eaux, qui deviennentses nourrices. Bacchus est ensuite transporté en Lydie ,& croît sous la tutele de Cybèle ; ôc c’est-là qu’il reçoitTordre de Jupiter, qui lui commande d aller combattre lesIndiens , ôc faire part aux Asiatiques de la découvertedu vin.
II n’est aucun trait dans cette allégorie qui ne rentredans notre Théorie. Ce n’est qu’après le déluge que naîtBacchus, ôc c’est la foudre de Jupiter qui lui donnenaissance. Les déluges étoient les pluies violentes deThiver, qui cessoient au moment où le régné humidefinissoit, ôc où commençoit le régné du feu , c’est-à-dire,au printemps , comme on le verra plus au long à Tarticlede Phaëton. Alors Bacchus, ou lame du monde ôc dujour s’incarnoit en Taureau , attribut de Bacchus , dontTéducation est confiée à des Nymphes des eaux, vrai-semblablement les Hyades qui font au front du Tau-reau céleste. En effet, la Fable suppofoit qu’elles fu-rent les nourrices de Bacchus : « Pars Bacchum nutrifie» putant » , dit Ovide. Une d’entr’elles porte le nomde Thione , nom que le Poëte donne ici à Sémele, ôcqu’il dit avoir été placée dans les cieux. Elle étoit alorsabsorbée toute entiere dans les feux solaires ; ôc Aldé-baran , la plus belle des Hyades, fut vraisemblablement
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