Allégorie du sols-tice d été.
y 14 ORIGINE DES CONSTELLATIONS
l’astre génie désigné par Bacchus , ôc auquel l’ame damonde fut unie.
Bacchus accompagné de Pan , s’avance à la tête d’unearmée nombreuse de Bacchantes, de Satyres ôc de Cen-taures , contre Aflreus , Général des Indiens, campé furles bords du fleuve sûjlacus , ou Cancer.
Les Indiens font battus , ôc Bacchus change en vinles eaux du fleuve. II traverse Ysífiacus , apperqoit dans laforêt voisine une Nymphe nommée Nicée, ou Victoire,dont il a un fils auquel il donne le nom de Terme, oude Fin, en grec tíàeut», ôc bâtit dans cet endroit laville de Nicée, ou de la Victoire, du nom de cetteNymphe.
II suffit de jetter un coup-d’oeil sur la sphere , pour dé-couvrir le sens de cette allégorie. Le triomphe de l’ame dumonde ôc du soleil, le terme de son mouvement ascendant ,ôc sa victoire, est son arrivée au trône solstitial, alors au pre-mier degré du Lion céleste. II n'y arrivoit qu’en traversantles étoiles du Cancer, en grec «.írcotoo-, nom que con-serve encore cette Constellation. Le nom d 'Âflreus, donnéau Général Indien, campé sur ses bords, confirme en-core l’allusion faite aux astres. Sa victoire ôc le terme deson ascension, sont ici désignés fous l’emblême d’une jeuneNymphe , fille de l’Astacus, à qui Bacchus fait un amoureuxlarcin, ôc d’un jeune enfant qui en est le fruit. Ce quiacheve de démontrer la vérité de l’explication que nousdonnons de cette allégorie, que nous regardons commePemblême de la victoire du soleil au Lion solstitial, e'estque ce Poëte dit formellement de cette Nymphe, qu’ellehabitoit sur une montagne très-élevée (Liv. XV, v. 200 ),ôc qu’un Lion apprivoisé étoit couché à ses pieds. Bacchusvient à bout de la découvrir à l aide d’un Chien que luiavoit donné Pan, ôc à qui il promet de le placer dansles Constellations, près de Sirius (Liv. XVI, vers. 200);c’étoit effectivement le lever de Sirius qui déterminoitle solstice, ôc l’entrée du soleil au Lion céleste. Peut-êtresuffi est-ce le petit Chien qui fixoit la même époque,