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Tome premier.
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153
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DE LA LIGUE. 153

joints controverses en la Religion par autorité de la juste Ecri-ture & des Peres de l’Eglise.

Us n’ont jamais cessé qu’ils n’aient tiré hors de la Cour leRoi de Navarre, à qui le Roi Charles avoir baillé fa sœur enMariage , &c qui aimoit singulièrement Monsieur de Guise ( com-tîie chacun sait ) , étant ordinairement ensemble comme pro-ches parens , enfans des deux cousins - germains : ayant aussi ,Monsieur de Guise, sa coufine-germaine , beau-frere d’ailíeursde Monseigneur le Prince de Condé ; êí de le rendre si enne-mi de la Maison dc Bourbon , comme ils le font, c’est dissou-dre une trop grande alliance : il n’y a maison plus alliee decelssi de Bourbon , que celle de Lorraine. La grand-mere defe u Claude de Lorraine , Duchesle de Gueldres , fa femme sen °mmoit Antoinette de Bourbon ; la mere de Madame deAssise étoit sœur de Monsieur le Cardinal de Bourbon ; la grand-tNere du Duc d’Elbeuf étoit sœur de feu Monsieur de Mont-P e nsier ; la grand-mere du Duc de Lorraine étoit sœur de Char-les de Bourbon , Connétable de France ; feu Monsieur deMontpensier avoir épousé la femme de feu Monsieur de Guise ;la grand-mere de Monsieur le Cardinal de Bourbon se nommoitde Lorraine , qui éroic Duclieíle d’ Alençon : voilà commentils font parens Lc alliés , Sc n’étoit la Religion, très bons 8tfideles amis.

De les rendre aussi ennemis de nos Rois, est chose qui nese peut croire, & qu’ils voulussent les priver de la Couronne.Re Roi François II avoir épousé la Reine d’Ecostè , nièce defeu Monsieur de Guise ; le Duc de Lorraine avoir épousé lahlle du Roi Henri II, dont il en a enfans, & le Roi présent^ fait cet honneur à la Maison de Lorraine, que d’épouser lafile de feu Monsieur de Vaudemonr.

Et combien que la Loi Salique n’approuve les femelles deCouronne , toutefois elle n’est si forte qu’elle puiíle étein-dre le parentage qui est entre eux de droit de nature , plus an-cien & plus fort que la Loi Salique.

Ils imputent à la Maison de Guise, qu’ils se sont aggrandisaux dépens du Roi; toutefois les Terres de Guise, de Joinvil-le , du Maine , d’Aumalle , d’Elbeuf, & autres qu’ils tiennent,leur viennent d’antiquité de la Maison de Lorraine ; le Duchéde Mercœur, de la Maison de Bourbon Connétable, dont lede Lorraine étoit neveu aussi proche que Monsieur deMontpensier ; & n’est point à rechercher que ayant fait serviceTome I. Y

1585.

Reponsedes Guises aun Avertis-sement.