r;4 MEMOIRES
à nos Rois, ils se soient sentis qaelquefois de leur libéralité ; par-ceque plusieurs autres qui font en leur degré ou de parenté oude mérite en ont beaucoup plus emporté en peu de temps.
Si vous me demandez quel service ils ont fait ? voyez leSHistoires de France, qui lans passion en témoignent, où vousverrez qu’il y a peu de Princes ou Seigneurs de France quin’aient quelquefois failli, íe rangeant du côté des ennemis duRoi ; mais nuls de ceux de Lorraine, quoiqu’ils ne fussent Su-jets, se sont rendus du parti contraire à nos Rois; lesquels ontfait comme l’oie nourrie au Capitole de Rome , non pour lagarde, toutefois firent meilleure guerre que les chiens Ôc lesmortepaies , qui étoient ordonnés 8c nourris pour ce faire.
On a écrit que le Roi François I les avoit pour suspects $c neles aimoit pas. Si autres que les Huguenots l’avoient écrit, j'enpenserois quelque chose ; mais tel personnage n’est ainsi à re-procher. Messieurs de Lorraine lui a voient toujours fait bon& loyal service. A la journée de Marignac (70), Antoine,Duc de Lorraine , y étoit, 8c Claude de Lorraine, Duc deGuise son frere , qui ( comme on récite ), tout le jour parmiles morts respirant ; son frere François de Lorraine fut tué enla bataille de Pavie, où le Roi fut pris. Le Duc de Guise futemployé durant ce régné en toutes les armées , & est tout no-toire que l’un des plus favoris du Roi François étoit Jean Car-dinal de Lorraine; mais je crois qu’ils ont controuvé cette ca-lomnie , comme ils ont fait beaucoup d’autres. Quand est duRoi Henri, l’Histoirc témoigne assez comme ils étoient désirésLc bien venus vers lui, comme ayant gouverné les plus gran-des affaires de son Roïaume, tant en guerre que pour la po-lice. Quand François , Duc de Guise, en combattant contréles Anglois , reçut un coup de lance qui lui outrepaíîa la tête,qu’il combattit l’Empereur à Renty , qu’il défendit Metz, qu’ilreconquit Calais , Guines & autres Places, qu’il le fit son Lieu-tenant en l’armée près Amiens, un peu devant la paix faite en-tre le Roi & PEfpagnoI , on lui objecte qu’il a mené une ar-mée en Italie pour lui conquérir le Roïaume de Sicile, com-me s’il commandoit au Roi, autant âgé que lui, auquel on faispeu d’honneur de lui imputer qu’il se laiílòit ainsi gouvernera son Sujet.
Quant à Charles , Cardinal de Lorraine , on lui impute qu’iía ordonné des finances, 8c on demande que ses héritiers eU
( 70 ) C’est, Marignan, à une lieue de Milan.