1585.
Requête auRoi , et Ré-solut. desLigués.
172 MEMOIRES
des dévoyés de notre Religion , il n’en prendra jamais poílèf-lìon ; il a cherché de s’appuyer fur les moyens que lui en pré-paroient les Ducs de Joyeuse hc d’Épernon , par promesses qu’ilsfe font faites respectivement : à savoir, lesdits Ducs de Réta-blir Roi, Le lui de les conserver tels qu’ils font : &c pour plusaisément y parvenir depuis ce temps-là, ces deux Messieurs fefont tellement fait amplifier leurs pouvoirs d’Amiral & de Co-lonel , que , comme Roi même , l’un s’est attribué tout pou-voir fur la mer, & i’autrc fur la terre. Car, ledit Duc d’Eper-non , non-content des principales clefs de la France, a faitétendre son pouvoir fur chacune des Places frontières , ren-dant par ce moyen les Gouverneurs généraux des Provincesles Capitaines particuliers defdites Places frontières fans au-cun pouvoir , ne servant, comme l’on dit, que d’o en chiffre.
Depuis ce même temps s’est-il vu Prince , Seigneur ni Par-ticulier avoir le moyen d’obtenir rien de Sa Majesté, ni expé-dition de Placer, quelqu’équitable qu’il fut, fi par les mainsde l’un des deux, ou de ceux qui leur appartiennent ils n’avoientété présentés, ni un seul homme établi en office, bénéfice 011charge publique , que par leur nomination ? Ces moyçns leuront acquis les offices & les clefs de la France , au nom d’unesi grande partie , que , s’il n’y est promptement pourvu , c’est ouíera grande pitié dc voir un si grand êe storiílant Roïaume être enla disposition dc deux hommes , le service defquels chacun con-noît. Toutefois leurs honneurs ou grandeurs ne font pas notregrief ; c’est que telle disposition fe prépare en faveur de l’en-nemi public 64 juré de notre Religion , qui , preste d’un désirde vengeance de la S. Barthelcmi, à la íufeitation de fes Mi-nistres , & autres qui, fous prétexte de leur prétendue nouvelleReligion , ont déja failli à ruiner cet Etat : les nourrit en es-pérance de piller & saccager toutes les bonnes Villes de ceRoïaume, & de leur ruine enrichir ceux de fa Secte , èc lesinstaller , à l’cxemple d’Angleterre , au plein & libre exercicede leurdite prétendue nouvelle Religion , pour l’entiere ruinede la nôtre très ancienne. A quoi je m’étonne que plus de gensprévoyant aíïèz le mal avenir , ne s’efforcent d’y pourvoir deleurs moyens. Une partie dc Meilleurs les Ecclésiastiques veu-iient-ils , comme enivrés de leur commodité présente , s’en-dormir en leur vaiíïeau , fans faire guet fur les Pirates qui fontsi proches de les mettre à fond ? Partie de la Noblesiè au com-mencement faifoit tant dc bruit òí de plainte du mépris qu’on