1585 .
DECLARAT.ET PROTEST.
de Henri IV,
&c. s o R L APAIXAVEC
LES LicUe’s.
188 MEMOIRES
Princes de son Sang, par tontes les Cours de Parlement, parles principaux Seigneurs 6c Officiers de ce Roïaume , 6c tourfraîchement réitéré 6c confirmé , feroit révoqué éntierement ;l’exercice de la Religion défendu fur peine de la vie ; ceuXqui en feroient profession, dans le ternie de six mois condamnésà sortir du Roïaume ; les villes de fureté pareillement, que deson plein gré , pour plusieurs considérations concernant le bien6c repos de son Etat, il auroit prorogées ausdits de la Reli-
f jion , délaissées tout promptement : tout cela pour rachetera paix avec les susdits rebelles 6c conspirateurs, déclarés 6Creconnus pour tels par Sa Majesté , aux dépens de ses plusproches , auxquels , qui pis est, on met les armes en main pouren faire Pexécution : chose répugnante à toutes Loix qui nepermettent jamais que d’un Arrêt prononcé Pexécution foiecommise à la partie, ni même quelle y assiste , fût-ce pourprêter la main à la Justice.
Prie ici le Roi de Navarre , de considérer- quelle occasion ila de se douloir en leurs protestations publiques. Les conspira-teurs s’adressoient directement à lui ; toutefois pour donner con-tentement au Roi, 6c pour n’être occasion de foule au peuple,il s’est contenu en paix , 6c ne s’est jamais voulu armer , quoi-que les voyant armés autour de lui, il a vu que la volonté duRoi étoit de venir à une paix , 6c le mal 6c la ruine qu’il luiprocuroit ouvertement, lui pouvoir donner occasion de la tra-verser par tous moyens ; nonobstant,pour le bien de ce Roïaume,il en a fait au Roi les ouvertures par fa déclaration expreste,qui s’est vue , & telle, comme il espere , que toute la Chré-tienté approuvera , 6 c qui ne feroient pas rejettées entre lesplus barbares. Ils avoient parlé d’exterminer Phérésie, 6c lesanciens Chrétiens lui faifoient la guerre par Conciles : or, ilse soumet à un Concile , 6c déclare qu’il est prêt à être instruitpar icelui, òc d’y acquiescer ; desiroient aussi quelque réforma-tion on changement en ce qui touche l’Etat ; 6c tels différendspar les anciens Statuts de ce Roïaume , se décident en Etats :or déclaroit-il qu il s’en remettoit à une astèmblée des troisEtats, prêt à la subir quand Sa Majesté la voudroit convo-quer : prétendoient en outre que ledit Seigneur Roi de Na-varre , 6c ceux de la Religion , se dépareillent incontinent dcsVilles de fureté , nonobstant la prorogation que le Roi leuren avoit donnée , pour leur lever tout scrupule. II offroit deles remettre fans aucun délai, qui plus est, de se dessaisir entre