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Tome premier.
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DELA LIGUE.

E? contre moi : on sera plutôt lasse de m’assàillir que je ne seraime défendre. Je les ai portés plusieurs années plus forts qu’ilssont, plus foible beaucoup que je ne fuis. Vous avez expé-rie nce- & jugement : le passé vous résoudra de l’avenir. Je plainspertes votre sang répandu, & dépendu en vain , qur devoitépargné pour conserver la France. Je le plains employéP°ntre moi, qui me le deviez garder , étant ce que Dieu m’a.ft en ce Roïaume, pour dessous l'autorité & le bonheur du Roiìfndre une France à la France , au lieu qu’il sert aujourd hui aq chasser de France. Je plains aussi qu’il ne fera, ni paye , nilyaint presque d’aucuns : car le Roi forcé en son vouloir, ne sepas pour servi en ceux qui lui font force : ceux d ailleurslui font force ne vous sauront pas de gré de ce service,8ui savent que c’est le nom du Roi, 8c non pas le leur que vousíe tvez. Messieurs , Dieu doint y bien penser. Les Princes Fran-cis sont les Chefs de la Noblesse. Je vous aime tous : je me sensPérir & affoiblir en votre sang : l’Etranger ne peut avoir senti-ment : l’Etranger ne sent point d’intérêt en cette perte. J’auroisoÈn à me plaindre d’aucuns , j’aime mieux les plaindre : je fuisPrêt à les embrasser tous : ce qui me déplaît, c’eíl que ceux*sUe je distingue en mon esprit, que je sais avoir été circonve-nus , je ne les puis distinguer au fort des armes , mais Dieulait mon cœur. Leur sang soit sur les auteurs de ces misères:'suant à moi, Messieurs , je le prie , & je le prierai incessam-ment , qu’il lui plaise ouvrir la voie par laquelle son nom soit* e rvi & honoré ,, le Roi obéi, l’Etat en repos , tous les Ordres^ Etats de ce Roïaume en leur ancienne dignité, prospérité,,^ splendeur. Amen. __

De Montauban , ce premier jour de Janvier 3 iò86.

Votre bien affectionné & assuré ami,

HENRI.

158C

Lettres duRoi de Nat.

A MESSIEURS DU TIERS ETAT.

v E S s 1 E u r s, je n ai point besoin de grand langage, pour

lo p S ^ a * re entendre la justice de ma cause. Ressouvenez-vous quecesremuemensfont advenus, nous vivions en paix, 8cj. J°ur en jour allions en mieux. Reílbuvenez-vous, nonobssílc qu’ils fussent directement contre moi, que je n’ai bougéTome /. Q q