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Tome premier.
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l;86.

Lettres nuRoi de Nav.

306 MEMOIRES

huit mois durant, que ma patience a pâlie toute borne. Rel-souvenez-vous que j’ai vu les armes mêmes qui me dévoient êtreplus propices, jointes à mes ennemis, & acheminées contremoi, premier que de me résoudre à me défendre ; 8c je vou Sjure , Messieurs, que l’horreur d’une Guerre civile , & l’appre-hension sensible des miseres & calamités qu’elle produit, m erendoit stupide &c insensible à mon domage propre , si je n’euf-se aperçu que ma trop longue patience tournoit en dommagf& ruine à ce Roïaume , donnant loisir aux perturbateurs d’y faí're violemment tout leur plaisir. S’ila été question de la Religion»je me fuis soumis à un Concile : si de plaintes concernantes cetEtat, à une aíïemblée d’Etats. J’ai déliré même de tirer furpersonne tout péril de la France, pour la sauver de misere >m’étant égalé de mon plein gré à ceux que nature m’a rendusinférieurs : au lieu que de leur propre intérêt ils ont fait une ca-lamité commune ; de leur querelle particulière une confusionpublique. J’aurois à me plaindre de ce que mes justes ostrés n’on £été reçues : je m’en plains à vous , pour vous toutes fois , &C noUpour moi. Je plains les extrémités , où l’extrême injure qu’otfme fait m’aura réduit, de ne me pouvoir défendre fans que lepeuple innocent en souffre. Je plains ma condition , que poU sgarantir ma vie , il faille que vous sentiez du mal & de la pei-ne , vous pour le soulagement & bien desquels j’étois prêt arépandre mon sang, si mes ennemis n’eustènt mieux aimé ^racheter d’un combat où je les appellois , par un parricide con-tre cet Etat, par une combustion universelle. Mais je me conso-le , que vous saurez bien considérer que la nature des maux C* £telle , qu’ils ne peuvent pas être guéris, fans quelques mau# 'que vous en saurez attribuer la cause , non pas au Chirurgien »qui a but de guérir , mais à celui qui a fait la plaie, & en cettfplaie par conséquent toutes les douleurs qui s’en ensuivent :que dans peu de tems, au reste, Dieu me fera cette grâce»après tant de traverses, de voir cet Etat purgé de ceux qui j ctravaillent, de vous voir aussi jouir d’un repos certain &í asiùre»qui nous faste un peu de temps oublier tous les travaux pastè s 'jugez je vous prie par les effets, des intentions des homm e - f *Pour vous faire applaudir à ces troubles , ces gens vous voC-loient faire esperer qu’ils réformeroient les abus des Finances »qu’ils diminueroient les tailles & subsides, qu’ils rameneroie ll£:le temps du Roi Louis XII ; Lc déja , qui les eût voulu croire»ds fe faisoient surnommer Peres du peuple. Qu’est-il advenù '