1585.
Remontr.. a la France.
338 MEMOIRES
avoient atteint aux plus grands honneurs en un coup ; ils se pr e 'valoient de ce sujet pour nous envenimer. Mais vous vous res-souvenez auffi qu’en paix faisant ils n’en dirent jamais un leU»mot, qu’ils n’ont fait remettre un seul de ceux pour qui ils í* efembloient formaliser. Quant à ceux qu’ils découpoient en leur 5écrits , ils ont recherché leur bonne grâce vilement, ôc ont ta'ché à les obliger en toutes fortes ; Le de fait vous les voyez , &ils les voient Le plus grands Le plus autorisés qu’auparavant-Je ne touche point aux choix qu’a fait le Roi.' Je ne touchfpoint à leurs mérites. Je fais qu’il n’y a íì grande dignité qu£ne soit ouverte à la Nobleíïè , où le bras auffi de la vertu ne puisi eatteindre. Mais je veux que nous reconnoiffions les prétexte 5qu’ils prennent, Lc comme ils se jouent de nous à leur plaisir >£c que nous sachions qu’ils se servent de nos coleres , de no 5mécontentemens 8c de nos déplaisirs , Lc tout auffi-tôt qu’ils epont fait, ne s’en souviennent plus.
Au moins aurontrils fait du bien au Clergé ; au moins auront'ils fait quelque chose pour l’Eglise ? l’Eglise leur principal pré'texte ; le Clergé qui s’engageoit 8c se vendoit si volontiers poU seux. Voyons. Ils avoient promis de dissiper les Huguenots estFrance ; Lc voilà qu’ils les y ont unis étroitement , &c voilà qu’ibles ont réunis 8c réconciliés en toutes Nations , François , AH 6 'mans , Anglois, Danois , EcoíTois , Suédois Sc Suisses , Lc voi#qu’ils les ont fait aíïocier avec nos Princes Catholiques , Sc 1 6Íprincipaux Seigneurs de ce Roïaume. Le parti de leur Religiot 1le réunit, Sc le nôtre se divise ouvertement. Combien eût-il miei^valu y procéder par saintes admonitions , par douce conversation , par bon exemple jmoïens peut-être plus lents pour les ifl 1 'patiens ; mais salutaires, au moins, 6c assurés moïens ; peut-êtr emoins agréables aux prétendus Médecins de notre maladie ; ma#au moins utiles ; mais au moins non dangereux pour le malade
Et puis, qu’y ont même profité ceux au Clergé ? Car quel &tous les Evêques Te peut dire avoir été réintégré, quelques fra#qu’ils aient faits ? Quel avoitreçu amandement par leurs armée 5 *Au contraire , Messieurs d’Ambrun, de Lodeve, de Saint-Pon 5 ’Lc autres , ont-ils pas perdu tout de nouveau leurs Evêchés ? #•combien leur faudra-t-il vendre de temporel pour les ravoir dforce ? Et toute l’affection , toute l’ardeur d’engager, de vendre >de contribuer , sera-t-elle pas évaporée premier ?
Mais voulez-vous voir aussi que ce n’étoit rien que préteXt^J-es Chefs de la Ligue 5?escarmouchent, ce nous semble, q u£l11