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011 parie de prêcher en Erance; ils ont extorqué Edit exprès duRoiP°ur]’empêcher ; & ils ont permis Ôc consenti aux Gentilshom-mes du parti contraire, composant pour leurs maisons , d’y avoirubre exercice de Religion , pourvu que de leurs maisons on nefît la guerre. Ils ont offert la même condition à Villes , àchâteaux, & à Particuliers ; ils souffrent à leurs Reistres , au mi-"eu de leur armée , d’avoir leurs Ministres Lc leurs prêches. Ils? n t prêché dans les Cimetières & dans les Eglises ; ils ont célé-bré leur Cène publiquement dedans leur camp. Ce qui se permetP ar eux à quelques-uns , pourquoi moins l’aura permis le Roi àl °Us ? Ce qu’ils auront volontiers souffert aux Etrangers, pour-voi moins le Roi à ses Sujets? Ce qui leur serazele d’Eglise , ce9^1 leur íera ou méritoire ou veniel, pourquoi note d’herésie au^°i ? Pourquoi damnable ou mortel à leur Supérieur ? Ces gens° Q t volé enfin, ôc violé les lieux sacrés ; ces gens ont pillé & ran-çonné les Prêtres ôc les Moines ; ces gens, fous ombre de piété,Ont perpétré cent mille impiétés ; ces gens, par plaisir, de gaieté deÇoeur, nous ont épuisés de biens , nous ont tous noyés aernaux-,Oe tant & de si grands maux , quel bien nous en revient ? QuelPeuple ? Quel à la Nobleílè ou au Clergé ? Quel en général oue n particulier ? Et qui jamais fît du mal , au moins s’y voulût opi-niâtrer , que pour espoir du bien ? Ains, pourrois-je dire encore ,Quel bien ont-ils fait à eux-mêmes ? Car Dieu a maudit leursactions de telle forte , que cependant qu’ils pensent soulder leursc onfrairies dedans les Villes , fous prétexte de l’autorité que laguerre leur donne ; les meilleures Places qu’ils euffènt surprises* e font retirées de leur subjections, Agen ôc Auxonne , rachetées*°utefois de nouveau par le Roi pour les remettre entre les mainsQes Ligueurs , & quelques autres ; & notez que cet exemple, pourde mauvais visage qu’on leur faste, s’en ira bientôt suivi parìout ailleurs.
Que s’ensuit, puisque cette Ligue est inutile à elIe-même , &Risque la guerre est dommageable à tous , puisqu’en vingt ôc^n rnc>is , en la plus grande vigueur, elle n’a fait chose" qui,faille , puifqu’au lieu d’acheminer, elle ne va qu’en reculant ;.non que nous recourions à quelqu’autre remede, fans nous obs-tj ner en cetui-ci, en cet antimoine corrosif & venimeux , quiC nafïe le bon ÔC le mauvais ensemble , LL souvent plutôt le bon9 L 'e l e mauvais ;,qui fous ombre de vomir l’humeur peccante: ,5?Us fera jetter jusqu’au sang , & peut-être l’ame dans le sang.il nous faut tous adresser à notre Roi » il est? Prince débon-
Vuii
1585.
Remontr.
ALAÎRANCÏ.