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Ami-G U I S A R T.
372 MEMOIRES i
1 » n’y a aucune juste occasion de s’armer contre fa Patrie ? " Mais iqui n’eût été ensorcelé par tant de beaux prétextés ? Outre ce jque ces boute-feux n’ont mis en réserve aucun moyen qui p uCentretenir le trafic de leurs menées, 6c pour tenir leurs com-plices en opinion 6c verdure, 6c mettre les autres en appétitd’embraíïèr leur parti, ils nous promettoient monts 6c merveil-les , sachant que souvent les choses feintes tenues pour vraies,fervent beaucoup en guerre, comme disoit Marcus Portius,sollicité de secours par les Ilergetes : la terre devoit tremblesfous leurs forces : les armes d’Espagne bruyoient déja sur lesFrontières : le> Savoyard ne demandoit que où est-ce ? Le Pa-
Î >e appelle les Diables , il leur donne les corps des ennemis, ilses emportent, ils les rôtissent en Enfer : les Albanois avecleurs lançots dévoient venir abbatre les montagnes , 6c mettretout à feu 6c à sang; 6c comme disoit le Consul Varro d’Anni-bal, ces Guisars dévoient mettre fin à la guerre , dès le premierjour qu’ils verroient les Huguenots, se souvenant de la folle en-treprise , non du pauvre succès de la Brosse, qui en Pan 1559 »envoyé par leur Pere 6c Oncle en Ecosse avec l’Evêque d’Amiens»
f )romettoit d’y faire perdre terre ferme dans un mois à touses Luthériens : mais la Noblesse, plus chatouilleuse en ses liber-tés que nous autres, lui montra qu’il comptoir fans son hôte, SCqu’il ne falloit pas ainsi vendre la peau de l’Ours devant qu’onJe vît, vu même que comme disoit ce brave Capitaine Lacédé-monien Brasidas , il n’y a si petite bête qui ne puisse sauver favie, si elle a le cœur de se défendre ; 6c le Consul Paulus Emi-lius s’ébahiíïòit, comment, 6c quel Capitaine pouvoir prédiretout ce qu’il avoir à faire au combat, en quel endroit il cho-queroit, avant qu’il eût vu son armée , ni celle des ennemis , niqu’il fût la situation des lieux, ou connût la nature du Pais «'quant à lui, qu’il ne prendroit point des conseils avant le tems »mais tels que les choses ont accoûtumé de donner aux hom-mes , 6c non les hommes aux choses. Auífi certes , ces Lorrain 5ressemblent à cette grande montagne , qui après plusieurs an-goisses d’accouchement s n’enfanta qu’un petit rat. Et de fait,qu’ont-ils promis qu’ils aient tenu ? de ces Visigots qui devoien cvenir fondre fur nous , on n’en voit point, ce font autant d 0chimères ; car outre ce que le Roi Philippe a peu d’hommes,
A beaucoup d’astaires fur les bras, il est trop vieux pour prends 0conseil des jeunes: tautes-fois si suivant le désir qu’il a de portes je°up òc altération au repos de la France , ôc amorcé d’espéran-'