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Tome premier.
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i;86.Anti-

G U I S A R T

Z96 MEMOIRES

■ tus , de faire mourir les principaux Seigneurs des Gabiens»Se tenant pour choie facile de rompre sanguille au genou, & tes'• rafler les Princes du Sang , qui ne peuvent seulement être ébran-' lés qu’avec la totale ruine de cet Etat, s’étudient par leurs der-nieres propositions de dégoûter tous les Etats de ce Roïaume, d§devoir auquel la nature êt la Loi de Dieu les obligent, & ainsi ac-çabler les Princes du Sang à la faveur du Roi, Le par la révoludes Sujets donner le croc en jambe au Roi. Cela fe volt à l'eeil'car quand ils nous proposent le rétablissement de sEglise en s<^libertés ôe anciens privilèges , n’est-ce pas pour mettre le Clerg 6en jeu contre Sa Majesté ? L’Eglise a-t-elie perdu ses prérogati-ves ? Qui donc les lui a ôtées que celui qui en a le pouvoir ? í cqui le peut, sinon le Roi seul ? Mais si, comme difoit un Em-pereur , nous ne devons avoir aucune sinistre opinion de nos Prin-ces , qui dira que notre Roi ait voulu plus qu’il ne devoit,qu’il n’ait réglé fa puiíïànce selon la raison ? „ C’est le plus haut» dégré de bonheur , difoit Pline à l’Empereur Trajan, que de» pouvoir ce qu’on veut , & de grandeur , que de vouloir c£» qu’on peut ». Or cette puissance ne se mesure selon les affec<rions humaines , mais au pied de la vertu & des Loix, & en celaconnoît-on les Tyrans & les Rois; car les Tyrans veulent que leur*affections servent de Loix , &C les Rois n’ont autres affectionsque les Loix. Et néanmoins comme si Sa Majesté avoir, contre,toute raison, ravi à l’Eglife ses anciennes libertés , ces Guifars leSlui veulent rendre. Mais qu’est-ce que ces potirons venus d’unenuit appellent ancien ?

Anciennement, selon les Décrets du Concile d’Antioche , &depuis par les Ordonnances deCliarlemagne, sélection des. Evê-ques étoit en sapprobation du Peuple, sans l’aveu duquel le Con-cile universel de Constantinople ne voulut point ordonner Nes-tor ius Evêque. Et quand Athanase déclara Pierre son Succèsseur, le Peuple , dit Theodorite, V approuva. Même par Or dois»nance du Pape Nicolas, sélection des Papes, faite par les Caïds'naux , devoit être confirmée par le Peuple..

Anciennement, le Pape n’étoit point le Princes des PrêtresLe ne préíidoit aux Conciles oh l’ordre de la hiérarchie doit êtreétroitement observé. Au Concile de Nice , Athanase pd'sida. Au deuxieme Concile d’Ephese , Dioscorus Patriarched’Alexandrie. Au cinquième Concile de Constantinople »Menas Patriarche du lieu. A Carthage , Aurelius Archevêquede la Ville. Et Saint Cyprian , faisant mention de l’Evêque d 6 -Rome, ìie sappelle que Frere ou Compagnon.