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Tome premier.
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408
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4 o3 MEMOIRES

Seigneur, il te visite en angoisse , ta discipline le fâti^ ’ ‘ crier en plainte. Puis donc que tu es pitoyable , retire de def-G u i"sT rt, ^ US nous le flambeau de ton indignation , couvre nos fautes deta grâce , 6c déploie ta providence fur cet Etat misérable : queton issue soit appareillée comme le point du jour, 6c viens anous comme la pluie tardive 6c aflaifonnée fur la terre. Puis,ô Dieu tout-puissant, que tu es Justicier, puisque ta fureur traeecomme le feu , 6c que les rochers fe fendent devant toi : plaide,Seigneur , par peste 6c par sang avec ces monstres infâmes, q* 11ne fe plaisent qu’au meurtre 6c en la cruauté : viens fur eux esttourbillon , 6c que tes voies soient en tempête : donne-les estopprobre 6c malédiction en tous lieux : envoie fur eux l’épe e6c la famine , 6c fais-leur, ô bon Dieu, recueillir le tourbillon ,puifqu’ils fement le vent.

Ec vous, Roi très Chrétien , n’estimez pas , lisant ceci, owt

la voix d’un peuple mutin 8c désireux des troubles domestiques,mais plutôt, Sire , les gémistemens , 6c comme les dernierssoupirs de vos pauvres Sujets : Ecoutez, Roi débonnaire , le 5plaintes de votre France , divisée en factions , 6c butinée deí’Etranger , & couverte d’ulcercs. N’est-ce pas aííèz, dit-elle,que Phomme naisse en pleurs , qu’il croisse en soupirs , qu’il viveen peine , qu’il fînifle en malheurs, fans le rendre de tous point 5misérable ? N’est-ce pas assez , qu’abboyée de mes Ennemis »j’aie gémi fous le faix de tant de guerres Etrangères , sans qn emes propres en fans me percent les flancs , m’arrachent les emtrahies , 6c fe baignent en mon sang ? N’est-ce pas aííèz qU^la peste me consomme, fans me faire consommer de famine'6c ne fuffit-il pas que je meure de faim , lans hâter ma mot'tpar la guerre ? N’est-ce pas assz que je serve de fable à l’E'tranger, fans qu’il hume le fan? , qu’il ronge les os, 6c qu’ilsuce la moelle de mes enfans ? Et si , comme dit le Sage , &multitude du Peuple est la Couronne du Roi , & si la Loi prist'ci pale , que Dieu 6c nature ont baillée aux Princes , est la cost-servation de leurs Sujets, pourquoi, Roi très Chrétien , auto"riferez-vous les bourreaux de votre Peuple ? Si les bons Prince 5craignent pour leurs Sujets : pourquoi, mon Prince, couresvous aux armes au milieu des vôtres , ou plutôt , que ne vost 5armez-vous pour les François contre l’Etranger ? S’il n’estquestion que vous seulement, Sire , demeuriez en votre patrie,mais aiifli que la patrie.demeure chez foi, comme difoit Ca-mille aux Romains , soussrirez-vous qu’on faste une boucherie»