DE LA LIGUE. 429
ttst ' sépulchre , Sc un désert: de votre France? Si } comme on " I ‘,g^diso.it à Denis, Tyran de Syracuse, la domination tyrannique ^n ’est pas un beau monument pour y être enseveli, quel beau se- gbisa&t]pulchre peut avoir un Roi en la terre rouge du sang de ses pau-yres Sujets ? Si, comme disoit un Romain , César affermit seslrnages en relevant celles de Pompée , quel pied prendra votreìifat, en autorisant les plus proches de votre sang ? Si, commedisoit Jason, Tyran de Theffilie , il est néceííaire de faire torte n détail, pour faire droit en gros , que sera - ce de racheterle repos public par la vie de deux ou trois mutins ? S’il fautSu'un Roi craigne plutôt de mal faire , que de mal recevoir,c omme étant P une cause de i’autre : Sc h celui fait mal, quin’empêche de mal faire quand il peut : permettez-vous , Sire,stue tant de sanglants meurtres soient faits fous votre nom &
Autorité : Sc qui plus est, par ceux qui sc disent rejettons deCharlcmagne, qui vous trompettent un Tyran , Sc qui remuentciel Sc terre pour traîner fur vous la haine du Clergé , de la■Noblesse Sc du Peuple ? Sera-t-il dit que fous votre sceptre , cesJeunes éventés , ces enfans perdus de fortune,aient, d’une audaceincroyable , foulé vos Edits aux pieds , violé vos loix , étouffé lapaix par vous soíemnellement jurée, pillé Sc maffzcré vos pau-vres Sujets ? Oyez-vous leurs sanglantes exécutions fans hor-reur , la ruine de vos Villes fans pitié , la désolation de votrePeuple sans larmes, Sc l’aise que les Etrangers tirent de vos tra-vaux , fans un grand regret ?
Avisez , Roi débonnaire, qison vous met le couteau auxittains, pour répandre votre propre sang : que la rigueur de vosar mes tombe fur vos Sujets : qu’en remportant fur eux la victoirev °us ne pouvez triompher que de votre honte, ni gagner qu’en:v °tre perte ; que ceux font à craindre qui ne font rien que par^ecelîìté , qui n’efperent qu’en désespoir , qui n’attendent paixTsen la guerre , Sc auxquels il ne reste plus rien que les armes^ le courage : que la ruine des Princes du sang , des mem-bre s Sc Sujets de l’Etat ne peut être éloignée de la ruine iné-vitable de votre Couronne: que l’extrémité change l’humilitéetl fureur, la douceur en désespoir, & l’obéissance en rébellion :
<Kil y a des vertus qui combattent ouvertement les ennemis >c °mme la force Sc la vaillance ; mais que les meilleures font€ ctles qui minent le cœur des adversaires , comme la foi, la.démence, la miséricorde : qu’il faut que le cours de la raisonarr ête la puissance du Prince > comme fait le Soleil, lequel lorseTome i» Fff