Band 
Tome premier.
Seite
419
JPEG-Download
 

D E L A L I G U E. 419

Guise , ou autre de sa race, avoir reçu Ponction d'un Samuel,c ornme David, pour être établi au lieu du Roi. Et jugez par cesconclusions où prétend ce prétendu Anglois. Et qui ne fait tou-tefois , que pour dériver la haine des massacreurs fur le Roi, ceuxGuise, qu il veut entrer en sa place, firent des doux & clémensetl leurs Gouvernemens, même en l’Hòtei de Guise , sauvèrentâos principaux de la Religion contraire.

XI condamne la paix faite par nos Rois avec ceux du contraireparti, & fa raison est que ce sont hérétiques , qu’il ne faut ja-mais laiílèr en paix. Que dira-t-il donc des Infidèles ? Car quiv °u siroit ignorer qu'infidélité ne fut pire qu’hérésie ? Que l'Infi-dèle par conséquent ne mérite plus grief traitement que l’Héré-t^ue ? Et voilà toutefois que le Pape laisse les Juifs en repos autïsilieu de ses terres , au milieu de Rome , Lc en tire tribut , &les Princes d’ítalie à son exemple. Et si l’Hérésie lui semble plusgluante , ou plus contagieuse , voilà le Duc de Savoie qui laiíîeyivre avec libre exercice ceux de la Vallée d’Angroigne ses Su-jets ; ceux auffi des Bailliages n’agueres à lui restitués par lesseigneurs de Berne , que ce livret tient pour Hérétiques : & quefbra-t-il du Roi d’Espagne , qu’il nous baille pour miroir d’unPrince Catholique , qui pacifia l’an septante lìx avec ses Sujetsde Hollande £c de Zelande , à condition non-seulement qu’ilsjouiroientde leur Religion ; mais qui plus est que la sienne n’yseroit reçue ? Qui, depuis encore, au traité de Cologne, accor-doit même condition aux Villes de Gand, d’Anvers, d’Utrecht,ête, par le Duc de Terranove , traitans de fa part avec les Dé-putés des Païs-Ras. Mais les Etats du pais la requeroient par-tQ ut, g c les Edits Sc Traités en font communs. Ce qui fera saintPape , pourquoi profane au Roi très Chrétien ? Ce qui feraCatholique au Roi d’Espagne , pourquoi Anathème , pourquoiparque de vraie réprobation au Roi de France ? Mais certes ceCatholique cherche la grandeur du Roi d’Espagne en nos rui-nes , & lui dit que cette guerre qui , fans doute , nous mene àkuino, reçoive quelque intermiísion, quelque intervalle.

■Page z3. Et n’est pas à propos ce qu’il ajoute , qu’ainsi furent^Xtirpés les Albigeois par Philippe Auguste : Car s’il avoit bien"r les Flistoires, il sauroit qu’il y eut des Colloques & des Con-férences, qu’il y eut auffi divers traités de paix, & non dissem-blables à ceux-ci ; mais je dirai plus, qu’il n’y a nulle compa-f aif 0n ^ a - ns t j e différence : Car alors cette doctrine ne tc-pour tout qu’un coin de France , qui tient aujourdhui des

0 S gij

1586.

Lettred’un Catho.François.